Publié le 27 octobre 2025 00:05:00. Le Japon se trouve face à un défi démographique majeur, exacerbé par une politique migratoire restrictive. L’arrivée au pouvoir de Sanae Takaishi, première femme Premier ministre, ne change pas fondamentalement cette donne, sa ligne conservatrice pouvant aggraver la situation économique du pays.
- Sanae Takaishi est la première femme à accéder au poste de Premier ministre japonais, mais elle représente une droite conservatrice.
- Le Japon connaît un déclin démographique constant depuis 16 ans, avec un taux de fécondité alarmant.
- La politique migratoire restrictive du gouvernement Takaishi pourrait entraîner une pénurie de main-d’œuvre et une stagnation économique.
L’élection de Sanae Takaishi à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) début octobre a été suivie d’une période d’incertitude politique. Le retrait du parti Komeito de la coalition gouvernementale, suite à un scandale de financement, a retardé son accession à la fonction de Premier ministre. Après des négociations intenses, le Parti de l’innovation de droite japonais, connu sous le nom d’Isshin, a finalement accepté de soutenir le gouvernement dirigé par le PLD. Cependant, cette coalition reste fragile, ne disposant pas de la majorité absolue à la Chambre basse du Parlement et nécessitant un soutien supplémentaire pour adopter des lois.
La population japonaise, qui a atteint un pic de 128 millions d’habitants en 2008, est en baisse constante et s’élève désormais à 124 millions. Le taux de fécondité, tombé à moins de 1,15 enfant par femme, est l’un des plus bas au monde. Les projections démographiques prévoient une diminution de la population à 87 millions d’habitants en 2070 et à 63 millions en 2100, avec une proportion croissante de personnes âgées.
Cette situation pose des défis majeurs pour l’économie japonaise, notamment une pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs clés tels que l’enseignement, la santé et les soins aux personnes âgées. L’augmentation des coûts des retraites et des soins de santé pèse également sur les finances publiques. Bien que les gouvernements successifs aient reconnu la gravité du problème démographique, les mesures prises pour y remédier se sont avérées insuffisantes.
Le gouvernement Takaishi se montre prudent quant à l’intégration des immigrants dans la société japonaise, privilégiant l’attraction de travailleurs étrangers dans des secteurs spécifiques, sous des conditions strictes telles que la maîtrise de la langue japonaise et une formation adéquate. Elle s’oppose à une immigration massive et à l’octroi de droits politiques aux résidents étrangers. Cette approche, bien que réceptive à la base conservatrice vieillissante du PLD, risque d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre et de freiner la croissance économique.
Malgré cette politique restrictive, le nombre de résidents étrangers au Japon a atteint un niveau record de 3,6 millions cette année, représentant environ 3 % de la population totale. Ce chiffre reste inférieur à celui de nombreuses autres économies avancées. L’augmentation de la population étrangère a entraîné une hausse du nombre de naissances de bébés nés de parents étrangers, notamment chinois, philippins et brésiliens, ce qui compense partiellement le déclin des naissances de parents japonais.
Le secteur du tourisme japonais est en plein essor, avec environ 37 millions de visiteurs l’année dernière. Cependant, l’émergence de partis anti-immigration, comme Sanseto, a poussé le PLD à adopter une rhétorique plus nationaliste afin de ne pas perdre des voix. Cette dynamique explique en partie l’attrait de la ligne dure de Sanae Takaishi auprès de l’électorat conservateur.