Publié le 18 novembre 2023 10:32. Les tensions s’intensifient en Asie de l’Est, alors que la Chine réagit vivement aux déclarations d’un responsable japonais sur Taïwan et renforce sa présence militaire autour des îles Senkaku, exacerbant les inquiétudes régionales et internationales.
- La Chine a exprimé son mécontentement suite aux remarques d’un ministre japonais concernant Taïwan, annulant une rencontre bilatérale prévue en marge du sommet du G20.
- Des navires des garde-côtes chinois ont été repoussés par le Japon après avoir pénétré dans les eaux territoriales autour des îles Senkaku, revendiquées par Pékin.
- Les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à défendre le Japon, y compris les îles Senkaku, en vertu du traité de sécurité nippo-américain.
La Chine continue de considérer Taïwan, une île démocratiquement gouvernée, comme une province renégate et n’exclut pas l’usage de la force pour en prendre le contrôle. Le gouvernement taïwanais, pour sa part, réaffirme son droit à l’autodétermination et rejette les prétentions de Pékin. Cette situation délicate est d’autant plus préoccupante que Taïwan se situe à environ 110 kilomètres (68 miles) du Japon et que les eaux environnantes sont une voie maritime cruciale pour le commerce japonais.
L’escalade actuelle a été déclenchée par les déclarations de Sanae Takaichi, une haute responsable japonaise, concernant Taïwan. En réponse, Pékin a non seulement annulé une rencontre prévue entre son Premier ministre et Takaichi lors du sommet du G20 en Afrique du Sud, mais a également exhorté ses citoyens à éviter de voyager au Japon. Le ministre japonais du Commerce, Ryosei Akazawa, a indiqué qu’il n’y avait pour l’instant pas eu de changement dans les mesures de contrôle des exportations chinoises de terres rares et d’autres matériaux essentiels, dont le Japon est fortement dépendant pour des secteurs clés comme l’électronique et l’automobile.
Le Japon, qui abrite le plus important contingent militaire américain à l’étranger, s’efforce de désamorcer les tensions. Le ministre des Affaires étrangères, Yoshimasa Kihara, a souligné que le Japon restait ouvert à un « dialogue » avec la Chine, bien qu’aucune rencontre bilatérale n’ait été confirmée pour le moment en marge du G20. Malgré ces efforts, Pékin n’a pas modifié sa position et refuse de revenir sur ses critiques.
L’incident survenu dimanche, impliquant des navires des garde-côtes chinois dans les eaux autour des îles Senkaku (Diaoyu pour la Chine), illustre la fragilité de la situation. Les garde-côtes japonais ont affirmé avoir repoussé les navires chinois. Les États-Unis, bien qu’ils ne reconnaissent pas formellement la souveraineté japonaise sur ces îles, ont réaffirmé leur engagement à les défendre en cas d’attaque, conformément au traité de sécurité nippo-américain. L’ambassadeur américain au Japon, George Glass, a déclaré sur X (anciennement Twitter) :
« En cas de doute, les États-Unis sont pleinement engagés dans la défense du Japon, qui comprend les îles Senkaku. Et les formations de navires des garde-côtes chinois n’y changeront rien. »
George Glass, Ambassadeur américain au Japon
Les dirigeants des principales fédérations professionnelles japonaises ont rencontré Sanae Takaichi lundi soir, appelant à un dialogue pour résoudre les différends diplomatiques. Yoshinobu Tsutsui, président de Keidanren, le plus grand lobby commercial japonais, a déclaré aux journalistes :
« La stabilité politique est une condition préalable aux échanges économiques. »
Yoshinobu Tsutsui, Président de Keidanren
Selon Allen Carlson, expert en politique étrangère chinoise à l’Université Cornell, le refus du Japon de retirer ses déclarations a contribué à exacerber les tensions.
« En conséquence, les deux pays se trouvent désormais sur le fil du couteau. »
Allen Carlson, expert en politique étrangère chinoise à l’Université Cornell
Les tensions actuelles mettent en évidence la complexité des relations entre la Chine, le Japon et les États-Unis, et soulignent l’importance de la stabilité régionale pour l’économie mondiale. Plus d’informations sur Channel News Asia.