Un journaliste palestinien a été tué dans la ville de Gaza, quelques jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Saleh Aljafarawi, connu pour ses reportages vidéo sur le conflit, a été abattu alors qu’il couvrait des affrontements dans le quartier de Sabra.
Selon des sources palestiniennes, Aljafarawi, âgé de 28 ans, a été tué par des membres d’une « milice armée » liée aux forces israéliennes. L’agence Sanad d’Al Jazeera a authentifié des images montrant son corps, vêtu d’un gilet pare-balles estampillé « presse », sur le plateau d’un camion. Il avait disparu depuis dimanche matin.
Des affrontements avaient éclaté dimanche à Sabra entre les forces de sécurité du Hamas et des combattants du clan Doghmush, bien que ces informations n’aient pas été officiellement confirmées par les autorités locales. Une source au sein du ministère de l’Intérieur de Gaza a affirmé à Al Jazeera arabe que la milice impliquée dans les combats était affiliée à l’armée israélienne et qu’elle avait ciblé des personnes déplacées revenant du sud de Gaza vers la ville.
La mort d’Aljafarawi survient alors que le cessez-le-feu actuel à Gaza entre dans son troisième jour, en attendant un échange de prisonniers et d’otages. Malgré cette trêve, les autorités locales ont souligné que la situation sécuritaire dans la bande de Gaza restait précaire.
En janvier, quelques jours avant le début d’un cessez-le-feu temporaire lors de la guerre précédente, Aljafarawi avait décrit à Al Jazeera son expérience de déplacement depuis le nord de Gaza : « Toutes les scènes et situations que j’ai vécues au cours de ces 467 jours ne seront pas effacées de ma mémoire. Toutes les situations auxquelles nous avons été confrontés, nous ne pourrons jamais les oublier. » Il avait également révélé avoir reçu de nombreuses menaces de la part d’Israël en raison de son travail.
« Honnêtement, j’ai vécu dans la peur à chaque seconde, surtout après avoir entendu ce que l’occupation israélienne disait de moi. Je vivais ma vie seconde après seconde, sans savoir ce que la seconde suivante m’apporterait », avait-il déclaré.
Plus de 270 journalistes ont perdu la vie à Gaza depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas en octobre 2023, faisant de ce conflit le plus meurtrier jamais enregistré pour les professionnels des médias.
Par ailleurs, un sommet sur Gaza, co-organisé par l’Égypte et les États-Unis, doit se tenir lundi à Charm el-Cheikh, en Égypte. Le président américain Donald Trump et d’autres dirigeants mondiaux y participeront dans le but « de mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, de renforcer les efforts visant à instaurer la paix et la stabilité au Moyen-Orient et d’ouvrir la voie à une nouvelle ère de sécurité et de stabilité régionales », selon le bureau du président égyptien.
Un « document mettant fin à la guerre dans la bande de Gaza » devrait être signé lors de ce sommet « historique », a annoncé dimanche le ministère égyptien des Affaires étrangères. Ni Israël ni le Hamas ne seront représentés aux négociations.