Publié le 17 décembre 2025 à 19h44. Des tensions vives entre Washington et Caracas atteignent un point critique alors que des allégations d’une possible intervention militaire américaine au Venezuela émergent, alimentées par des déclarations incendiaires du président Trump et des avertissements de Nicolás Maduro à l’ONU.
- Le journaliste conservateur Tucker Carlson affirme que le président Trump pourrait annoncer une guerre contre le Venezuela lors d’un discours prévu ce soir.
- Le président vénézuélien Nicolás Maduro a alerté l’ONU sur ce qu’il considère comme une escalade des menaces américaines.
- Washington a intensifié la pression sur Caracas en confisquant un pétrolier et en ordonnant un blocus des navires pétroliers vénézuéliens.
L’escalade actuelle des tensions entre les États-Unis et le Venezuela s’inscrit dans un contexte de déploiement militaire américain accru dans les Caraïbes, officiellement justifié par la lutte contre le trafic de drogue. Ces derniers mois, les forces américaines ont mené une série d’opérations, incluant des bombardements contre des embarcations suspectées de transporter des stupéfiants, causant la mort d’au moins 95 personnes, selon des sources concordantes.
Selon le journaliste Tucker Carlson, qui s’appuie sur des informations provenant d’un membre du Congrès américain, le président Trump pourrait annoncer une action militaire contre le Venezuela lors d’un discours à la nation prévu ce soir à 21h00 (02h00 GMT jeudi). « Les membres du Congrès ont été informés hier qu’une guerre était imminente et que le président l’annoncerait dans un discours à la nation ce soir à 21h00 », a-t-il déclaré sur le podcast conservateur « Judging Freedom ».
Parallèlement, le président Trump a multiplié les déclarations agressives sur son compte Truth Social, affirmant que le Venezuela était « encerclé » par « la plus grande armada jamais rassemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud ». Il a également exigé le retour de « tout le pétrole, les terres et autres actifs » qu’il estime avoir été « volés » par le Venezuela. Trump a ordonné un blocus de tous les pétroliers vénézuéliens sanctionnés entrant ou sortant du pays, une mesure qui a exacerbé les tensions.
Face à cette situation, Nicolás Maduro a contacté le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour l’alerter sur « l’escalade des menaces » américaines et leurs « graves implications pour la paix régionale ». Dans un communiqué, le gouvernement vénézuélien a dénoncé les déclarations de Trump comme étant d’une « nature ouvertement coloniale ». Maduro a également critiqué les propos de Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, qui a affirmé que les États-Unis avaient créé l’industrie pétrolière vénézuélienne et que la nationalisation de 1976 constituait « le plus grand vol » de l’histoire américaine.
« Le président Maduro a souligné que de telles déclarations doivent être catégoriquement rejetées par le système des Nations Unies, car elles constituent une menace directe à la souveraineté, au droit international et à la paix. »
Communiqué du gouvernement vénézuélien
António Guterres a réaffirmé son « engagement envers le droit international et les principes de la Charte des Nations Unies », soulignant la nécessité d’éviter toute escalade ou confrontation. Il a averti qu’un conflit armé dans la région serait « stérile » et aurait de « graves conséquences sur la stabilité régionale et la zone de paix de l’Amérique latine et des Caraïbes ». Guterres a indiqué qu’il suivrait la situation de près et qu’il en informerait le Conseil de sécurité, en privilégiant la désescalade, le dialogue et la résolution pacifique des différends.
Le discours à la nation du président Trump, prévu ce soir, devrait également aborder sa politique intérieure et ses efforts pour réduire le coût de la vie, malgré les critiques de certains de ses partisans qui lui reprochent de se concentrer davantage sur les affaires étrangères. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que le président ferait le point sur sa première année au pouvoir et présenterait ses projets pour les trois prochaines années.
