Un juge fédéral du Massachusetts a rejeté la demande de deux villes considérées comme des « villes sanctuaires » d’empêcher le gouvernement fédéral de potentiellement réduire leurs financements. Cette décision intervient alors que ces municipalités contestent la politique de l’administration Trump visant à sanctionner les juridictions protégeant les immigrants en situation irrégulière.
Le juge Nathaniel Gorton a estimé que les craintes de Somerville et de Chelsea concernant une perte de financement « imminente » étaient largement spéculatives, faute de mesures concrètes prises par le gouvernement fédéral à ce stade. Il a souligné que le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) n’avait ni gelé de fonds, ni refusé de subventions, ni bloqué de remboursements.
Somerville et Chelsea avaient déposé une requête en juin, arguant que cibler les villes en raison de leurs politiques d’immigration locales était inconstitutionnel et contraire aux recommandations des forces de l’ordre locales. Elles craignaient que la retenue de fonds fédéraux n’entraîne des « dommages irréparables » aux services municipaux, affectant les routes, les écoles et la sécurité publique.
Le juge Gorton a cependant noté que le DHS avait initialement inclus Somerville et Chelsea dans une liste de juridictions « sanctuaires » en mai, suite à un ordre de l’ancien président Trump visant à identifier les États et les municipalités qu’il accusait de protéger les étrangers en situation irrégulière. Il a toutefois relevé que le ministère de la Justice n’avait pas inclus ces deux villes dans une liste similaire en août.
Bien que Chelsea se soit officiellement qualifiée de « ville sanctuaire » et que Somerville ait opté pour le terme de « ville accueillante », il n’existe pas de définition juridique stricte d’une « juridiction sanctuaire ». Généralement, ce terme désigne les zones où les forces de l’ordre locales ne coopèrent pas avec les autorités fédérales en matière d’immigration civile.
Les documents judiciaires révèlent que Somerville a déjà perdu une subvention fédérale de 4 millions de dollars (environ 3,7 millions d’euros) destinée à améliorer la sécurité routière. Chelsea, qui a reçu 14,5 millions de dollars (environ 13,5 millions d’euros) de fonds fédéraux l’année dernière, craint de devoir supprimer trois postes de policiers si une subvention du ministère de la Justice est supprimée, selon le site d’information Masslive.
« Il est spéculatif de penser que l’inclusion sur une liste d’une agence implique un gel de financement imminent », a déclaré le juge Gorton dans sa décision rendue publique jeudi. Il a ajouté que si le financement était effectivement refusé, les villes pourraient rapidement obtenir une injonction pour le rétablir.
La Maison Blanche avait qualifié la plainte des villes de « risible » en juin, accusant ces « villes sanctuaires » de violer la loi fédérale en « protégeant des criminels étrangers en situation irrégulière ». Abigail Jackson, porte-parole de la Maison Blanche, avait déclaré que si ces villes étaient réellement préoccupées par la sécurité de leurs habitants, elles coopéreraient avec les forces de l’ordre pour les retirer de la circulation.
Publié à l’origine le 3 octobre 2025 à 18h34 HAE
À retenir
- Un juge fédéral a rejeté la demande de deux villes du Massachusetts de bloquer une éventuelle réduction de leurs financements fédéraux.
- Le juge a jugé que les craintes des villes étaient spéculatives, faute de mesures concrètes prises par le gouvernement fédéral.
- L’affaire porte sur la politique de l’administration Trump visant à sanctionner les juridictions protégeant les immigrants en situation irrégulière.
Contexte
L’administration Trump a intensifié ses efforts pour sanctionner les juridictions considérées comme des « villes sanctuaires », qui limitent la coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration. Cette politique a suscité de vives critiques de la part des défenseurs des droits des immigrants et des responsables locaux, qui estiment qu’elle met en danger les communautés et viole les principes constitutionnels.
Ce qui change
À ce stade, aucune mesure concrète n’a été prise pour réduire le financement de Somerville et de Chelsea. Cependant, la décision du juge Gorton laisse la porte ouverte à de futures actions du gouvernement fédéral. Les villes doivent désormais se préparer à la possibilité de pertes financières et évaluer les conséquences potentielles sur leurs services publics.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller de près les prochaines actions du gouvernement fédéral concernant le financement de Somerville et de Chelsea. Les villes pourraient envisager de faire appel de la décision du juge Gorton ou de négocier avec le gouvernement fédéral pour trouver une solution.
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