Publié le 6 décembre 2025 à 14h26. Un juge a mis en garde un témoin clé dans un procès pour enlèvement et agression contre un homme, l’obligeant à témoigner sous peine d’outrage au tribunal, tandis que le témoin lui-même a été placé en détention provisoire.
- Barry Moore, 34 ans, refuse de témoigner dans le procès de quatre hommes accusés de l’avoir séquestré et agressé.
- Le juge a ordonné sa détention provisoire jusqu’à lundi, tout en demandant à l’État d’examiner la possibilité d’une détention préventive.
- La défense insiste sur son droit de contre-interroger le témoin, un élément essentiel du procès.
Le procès, qui se déroule devant un tribunal pénal spécial sans jury, concerne une agression présumée survenue le 15 février 2025 à Blanchardstown, en périphérie de Dublin. Jason Hennessy Junior, 28 ans, Brandon Hennessy, 22 ans, Kenneth Fitzsimons, 45 ans, et son fils Dean Fitzsimons, 26 ans, sont accusés d’avoir enlevé et agressé Barry Moore. Ils ont tous plaidé non coupable.
La situation est d’autant plus inhabituelle que M. Moore, qui a été battu et marqué du mot « rat » selon les accusations, refuse catégoriquement de coopérer avec la justice. Il a confirmé par liaison vidéo qu’il ne témoignerait pas et ne se soumettrait pas à un contre-interrogatoire.
La juge Karen O’Connor a averti M. Moore qu’il était tenu de répondre aux questions du tribunal, sous peine d’être reconnu coupable d’outrage au tribunal, ce qui pourrait entraîner une peine de prison et des poursuites supplémentaires.
« Oui, juge. »
Barry Moore, témoin
a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé s’il comprenait les conséquences de son refus.
L’avocat de l’accusation, Garnett Orange SC, a exprimé son inquiétude quant au « traumatisme secondaire » que pourrait engendrer la détention prolongée de M. Moore. Il a précisé que le Directeur des poursuites pénales (DPP) ne souhaitait pas contraindre M. Moore à témoigner.
« Nos instructions sont que le DPP ne demande pas au tribunal d’exercer ses pouvoirs pour obliger M. Moore à témoigner. »
Garnett Orange SC, avocat de l’accusation
Cependant, la juge Sarah Berkeley a soulevé la question du droit de la défense à contre-interroger le témoin, soulignant que la présomption d’innocence des accusés exigeait cette possibilité. La juge O’Connor a reconnu que le procès ne pourrait pas reprendre pleinement avant un certain temps et a décidé que M. Moore n’aurait pas à être présent lors des plaidoiries de la semaine prochaine.
Carol Doherty BL, l’avocate de M. Moore, a demandé le maintien de l’aide juridique pour son client, exprimant son inquiétude quant à sa détention et demandant la nomination d’un avocat principal pour le représenter dans cette affaire. Cette demande a été acceptée par le tribunal.
L’audience reprendra lundi à 11h30. L’État doit examiner la possibilité d’une détention préventive pour M. Moore, une mesure qui pourrait être envisagée compte tenu des circonstances exceptionnelles de cette affaire.
À lire aussi
