Mis à jour le 12 janvier 2024 à 14h35. Une étude suédoise révèle que la durée du diabète de type 2 joue un rôle crucial dans le développement de complications cardiovasculaires, en modifiant subtilement le fonctionnement des globules rouges.
- Le diabète de type 2 de longue durée est associé à des changements dans les globules rouges qui peuvent endommager les vaisseaux sanguins.
- Une molécule, le microARN-210, semble être un acteur clé de ce processus et pourrait servir de biomarqueur prédictif.
- Les chercheurs espèrent identifier les patients à risque avant l’apparition de lésions vasculaires, permettant ainsi une prévention plus efficace.
Les personnes atteintes de diabète de type 2 depuis plusieurs années présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires, notamment d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral (AVC). Des recherches récentes menées par l’Institut Karolinska en Suède mettent en lumière un mécanisme impliquant les globules rouges, et soulignent l’importance de la durée de la maladie dans ce processus.
L’étude, publiée vendredi dans la revue Diabète, s’appuie sur des travaux antérieurs suggérant que les globules rouges peuvent influencer la santé des vaisseaux sanguins chez les diabétiques. Les chercheurs ont découvert que les changements délétères n’apparaissent pas immédiatement après le diagnostic, mais se développent progressivement au fil des années.
L’équipe a analysé des échantillons de sang provenant de modèles animaux et de patients atteints de diabète de type 2. Les globules rouges prélevés sur des souris et des patients diabétiques de longue date ont démontré une capacité à perturber le fonctionnement normal des vaisseaux sanguins. En revanche, les globules rouges de personnes récemment diagnostiquées n’ont pas eu cet effet. De manière significative, des changements similaires ont été observés chez les mêmes patients lorsqu’ils ont été réévalués sept ans plus tard.
Un rôle central dans ce phénomène semble être joué par le microARN-210, une petite molécule d’ARN impliquée dans la régulation de l’activité cellulaire. Les chercheurs ont constaté que les niveaux de ce microARN sont diminués dans les globules rouges des patients atteints de diabète de longue durée. En restaurant expérimentalement les niveaux de microARN-210, ils ont pu améliorer la fonction des vaisseaux sanguins.
« Ce qui est vraiment important dans notre étude, c’est que ce n’est pas seulement la présence du diabète de type 2 qui compte, mais aussi la durée de la maladie. Ce n’est qu’après quelques années que les globules rouges commencent à avoir un effet nocif sur les vaisseaux sanguins »
Zhichao Zhou, professeur agrégé au département de médecine de l’Institut Karolinska de Solna et auteur principal de l’étude
Les auteurs de l’étude suggèrent que le microARN-210 présent dans les globules rouges pourrait constituer un précieux biomarqueur, permettant d’identifier les patients présentant un risque accru de complications cardiovasculaires. Des recherches sont actuellement en cours pour évaluer l’utilité de ce marqueur dans des études à plus grande échelle impliquant des populations plus larges.
« Si nous parvenons à identifier les patients à haut risque avant l’apparition de lésions vasculaires, nous pourrons prévenir plus efficacement les complications du diabète »
Eftychia Kontidou, doctorante dans l’équipe Karolinskae et première auteure de l’étude
L’objectif ultime est de développer des stratégies de prévention ciblées pour réduire l’impact du diabète de type 2 sur la santé cardiovasculaire.