Publié le 28 décembre 2025 à 21h51. Le Kennedy Center est au cœur d’une controverse après le renommage controversé du bâtiment en l’honneur de Donald Trump : le musicien de jazz Chuck Redd a annulé son concert du réveillon de Noël, ce qui a entraîné une demande de dommages et intérêts d’un million de dollars de la part de la direction du centre.
- Le président du Kennedy Center, Richard Grenell, réclame 1 million de dollars de dommages et intérêts au musicien de jazz Chuck Redd pour l’annulation de son concert du réveillon de Noël.
- L’annulation a eu lieu peu après que le Kennedy Center ait été rebaptisé « Trump Kennedy Center » sur son site web et sur la signalétique du bâtiment.
- La direction du centre accuse Redd d’avoir agi par motifs politiques et dénonce un « coup politique ».
La décision de renommer le Kennedy Center en l’honneur de l’ancien président Donald Trump a provoqué une onde de choc dans le monde artistique, et l’annulation du concert de Chuck Redd n’est que la dernière manifestation de cette controverse. Le conseil d’administration du centre a voté à l’unanimité le 18 décembre pour changer le nom du bâtiment en « The Trump Kennedy Center » ou « The Donald J. Trump and the John F. Kennedy Center for the Performing Arts », une décision qui a suscité de vives critiques.
Richard Grenell, le président du Kennedy Center, n’a pas tardé à réagir à l’annulation du concert de Redd. Dans une lettre adressée au musicien, il a qualifié sa décision d’« intolérance classique et très coûteuse pour une institution artistique à but non lucratif ». Il a également accusé Redd d’avoir agi pour des « raisons politiques partisanes » et a exigé un dédommagement d’un million de dollars.
« Votre décision de vous retirer au dernier moment – explicitement en réponse au récent changement de nom du Centre, qui honore les efforts extraordinaires du président Trump pour sauver ce trésor national – est une intolérance classique et très coûteuse pour une institution artistique à but non lucratif. »
Richard Grenell, président du Kennedy Center
Grenell a également critiqué les ventes de billets de Redd, les qualifiant de « lamentables » et affirmant que l’annulation avait causé des pertes financières importantes au centre. Il a conclu sa lettre en affirmant que le Kennedy Center ne céderait pas aux « tactiques de pression » des artistes politisés.
Chuck Redd, qui animait le concert annuel de « Jazz Jam » depuis près de deux décennies, a expliqué qu’il avait pris sa décision après avoir constaté le changement de nom sur le site web du Kennedy Center, puis sur le bâtiment lui-même. Il n’a pas pu être joint pour commenter davantage.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l’implication de Donald Trump dans le Kennedy Center. Peu après son entrée en fonction, Trump avait purgé les membres nommés du conseil d’administration du centre, les remplaçant par des personnes lui étant favorables. Le conseil d’administration ainsi remanié l’a ensuite nommé président de l’organisation artistique, fondée en 1964 en hommage au président John F. Kennedy. Associated Press
Des critiques ont souligné que seul le Congrès avait le pouvoir d’autoriser un changement de nom formel du Kennedy Center, qui a été créé par une loi fédérale. Malgré cela, le centre a rapidement mis à jour son logo sur son site web et ses réseaux sociaux pour afficher le nouveau nom, et a ensuite ajouté le nom de Trump à la signalétique extérieure du bâtiment, déclenchant ainsi l’annulation de Redd.
Redd n’est pas le seul artiste à avoir annulé une apparition prévue au Kennedy Center depuis que Trump s’est davantage impliqué dans la gestion du lieu. Issa Rae et Lin-Manuel Miranda ont également annulé des spectacles cette année.
Roma Daravi, vice-présidente des relations publiques du Kennedy Center, a déclaré à Fox News : « Tout artiste qui annule son spectacle au Trump Kennedy Center en raison de divergences politiques n’est ni courageux ni fondé sur des principes – il est égoïste, intolérant et n’a pas rempli le devoir fondamental d’un artiste public : se produire pour tous. »