Home Des sportsLe monde est sous le choc. Il va travailler l’été et est traité comme un exotique à la maison, mais maintenant il attaque agressivement les niveaux du pont.

Le monde est sous le choc. Il va travailler l’été et est traité comme un exotique à la maison, mais maintenant il attaque agressivement les niveaux du pont.

by Camille Renault

Publié le 15 décembre 2025 à 09h03. Le sauteur à ski français Valentin Foubert a créé la surprise en terminant quatrième à Klingenthal, en Allemagne, obtenant le meilleur résultat français en Coupe du monde masculine depuis 2009 et révélant un parcours atypique entre compétition et travail manuel.

  • Valentin Foubert a réalisé un excellent résultat à Klingenthal, se classant quatrième et améliorant significativement ses performances récentes.
  • Le sauteur à ski concilie sa carrière sportive avec un emploi physique saisonnier pour assurer ses revenus.
  • L’encadrement de Foubert souligne son talent physique et sa personnalité singulière, qui nécessitent un accompagnement adapté.

La performance de Valentin Foubert à Klingenthal, dimanche dernier, a marqué les esprits. Quatrième après le premier saut, il a confirmé son niveau en maintenant sa position, un résultat inattendu qui constitue le meilleur classement pour un Français en Coupe du monde masculine depuis 2009, lorsque Emmanuel Chedal avait décroché la troisième place.

Ce succès intervient après un début de saison prometteur, avec une cinquième place à Ruka, en Finlande, qui avait initialement été perçue comme un coup de chance. Foubert, âgé de 23 ans, a fait ses débuts en Coupe du monde fin 2020 à Oberstdorf, mais n’avait obtenu ses premiers points qu’en 2022/23 à Willingen, où il avait terminé vingt-troisième. Sa meilleure performance précédente dans une compétition de ce niveau était une douzième place l’année dernière à Zakopane.

L’histoire de Valentin Foubert est d’autant plus remarquable qu’il doit jongler avec une vie professionnelle en dehors de la saison sportive. Il travaille à Courchevel, où il effectue des tâches manuelles, notamment des travaux d’entretien des espaces verts.

« J’étudie et je travaille à Courchevel. On pourrait dire que je suis un ouvrier. C’est comme ça que je gagne ma vie 50 jours par an. Je prépare divers événements. En plus, notre ville est parfois frappée par de grosses tempêtes. Donc parfois il faut travailler pour sauver les arbres qui poussent le long des routes. Nous travaillons en groupe »

Valentin Foubert

Cette situation est atypique pour un athlète de haut niveau, contrairement à ses concurrents autrichiens, norvégiens ou allemands. Foubert souligne également que le saut à ski est souvent considéré comme un sport marginal en France, éclipsé par le football, le ski alpin et le biathlon. Néanmoins, il a bénéficié d’une attention médiatique croissante, avec un portrait publié récemment dans le journal L’Équipe.

L’entraîneur national Nicolas Dessum, qui connaît Foubert depuis son enfance, met en avant ses qualités physiques et sa personnalité complexe.

« On pourrait dire que c’est un peu un artiste, il a besoin d’un encadrement attentif »

Nicolas Dessum

Sa mère se souvient que son premier entraîneur ne misait pas sur lui, ce qui, paradoxalement, pourrait avoir contribué à son succès.

« Nous n’avions aucune attente de lui, personne ne lui a mis la pression, et je pense que cela lui convenait »

La mère de Valentin Foubert, citée par L’Équipe

Au-delà de la compétition, Valentin Foubert apprécie la sensation de liberté que procure le saut à ski, qu’il compare à un jeu vidéo.

« J’aime les simulateurs de combat. On dit qu’il faut garder les pieds sur terre, mais d’un autre côté, quand on saute, il ne faut pas trop réfléchir, on laisse tout derrière soi. Je pense que c’est ce que je recherche aussi dans les jeux »

Valentin Foubert

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