Home MondeLe Mufti de Penang condamne le cas présumé de polyandrie comme une grave violation de la loi islamique | Malaisie

Le Mufti de Penang condamne le cas présumé de polyandrie comme une grave violation de la loi islamique | Malaisie

by Clara Dubois

Publié le 14 décembre 2025 à 05h15. Une affaire de polygamie présumée en Malaisie suscite l’inquiétude des autorités religieuses, qui rappellent l’importance du respect de la charia et des lois civiles en matière de mariage et de divorce.

  • Le mufti de Penang dénonce une violation grave de la charia et du droit civil.
  • Des enquêtes sont ouvertes par les autorités religieuses de Terengganu et de Kelantan.
  • L’affaire a été révélée suite à des accusations sur les réseaux sociaux.

Une femme originaire de Terengganu est accusée d’avoir contracté un second mariage alors qu’elle était encore légalement mariée. L’affaire a éclaté après qu’un membre de sa famille, Ekin Derahim, a publié des allégations sur Facebook, affirmant que sa belle-sœur avait épousé un autre homme à Songkhla, en Thaïlande. Des villageois auraient ensuite confronté la femme au domicile de son second mari présumé, situé à Batu 11, Tanah Merah, le 6 décembre dernier.

Le mufti de Penang, le professeur Datuk Dr Mohd Sukki Othman, a fermement condamné cette situation. Il a souligné que toute action compromettant la sacralité du mariage constitue une infraction grave.

« Des actes tels que la tromperie, la dissimulation de faits ou les violations de la charia en matière de mariage sont des délits graves qui ont des répercussions importantes sur l’institution familiale islamique »

Dr Mohd Sukki Othman, mufti de Penang

Il a rappelé que la loi islamique interdit formellement tout mariage célébré alors qu’une femme est toujours liée par un mariage existant ou se trouve dans sa période de « viduité ».

Selon le Dr Mohd Sukki, même si la cérémonie respecte les formalités légales, elle reste invalide au regard de la charia. Il s’est également inquiété de la possibilité que de tels mariages soient conclus sur la base de fausses déclarations ou en dissimulant l’état civil réel, qualifiant une telle conduite de péché et de fraude portant atteinte à l’intégrité du mariage islamique.

Les autorités religieuses ont réagi à cette affaire. Le Département des affaires religieuses islamiques de Terengganu (JHEAT) a confirmé qu’il convoquerait la femme et son partenaire présumé, désormais résidents à Tanah Merah, Kelantan, afin de vérifier les faits. Le Dr Muhammad Khalil Abdul Hadi, président du comité de Terengganu pour l’information religieuse, la Da’wah et l’autonomisation de la charia, a déclaré qu’il était essentiel d’obtenir des éclaircissements de la part du couple avant de prendre d’autres mesures, impliquant une coordination entre les services d’application et de droit de la famille.

Le Département des affaires religieuses islamiques de Kelantan (JAHEIK) a également ouvert une enquête. Mohd Asri Mat Daud, conseiller exécutif d’État pour le développement islamique, la Da’wah, l’information et les relations interétatiques, a confirmé que les autorités mèneraient une enquête approfondie.

Le Dr Mohd Sukki a insisté sur l’importance de signaler tout divorce valide au Département religieux islamique, soulignant que le non-respect de cette obligation constitue une infraction au droit de la famille et peut entraîner des complications concernant l’état civil, la filiation, la pension alimentaire et les droits des personnes concernées. Il a également évoqué le principe islamique du “sad al-zara’i” (fermer les voies du danger), soulignant que le signalement des divorces et l’obtention d’une vérification officielle ne sont pas seulement des formalités administratives, mais contribuent à la protection de la religion, de la filiation et de la dignité humaine.

Il a exhorté le public à aborder les questions de mariage et de divorce avec sérieux, en veillant à ce que toutes les procédures soient menées conformément aux voies légales et autorisées. Il a également appelé les personnes impliquées dans cette affaire à se repentir, à rectifier la situation conformément à la charia et au droit civil, et à se soumettre aux autorités religieuses compétentes.

Selon le Dr Mohd Sukki, l’ignorance, la négligence et la banalisation des lois d’Allah peuvent causer de graves dommages aux individus, aux familles et à l’harmonie de la communauté musulmane.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.