Publié le 20 octobre 2025 à 16h06. L’armée birmane a lancé une opération d’envergure contre un vaste complexe criminel spécialisé dans les escroqueries en ligne, situé à la frontière thaïlandaise, saisissant des centaines d’équipements, dont des terminaux Starlink utilisés pour contourner les coupures de communication.
- L’armée birmane a perquisitionné environ 200 bâtiments et arrêté près de 2 200 personnes.
- Plus de 30 kits Starlink, un service internet par satellite de SpaceX, ont été confisqués.
- Ce complexe criminel, surnommé KK Park, est devenu un centre majeur d’escroqueries en ligne après le coup d’État de 2021.
Les forces armées birmanes ont mené une offensive contre un important centre d’activités frauduleuses près de la frontière avec la Thaïlande, a rapporté l’agence de presse AFP le 20 octobre. L’opération, qui s’est concentrée sur le complexe connu sous le nom de KK Park, visait à démanteler un réseau d’escroqueries en ligne qui extorque de l’argent et des informations personnelles à des victimes du monde entier.
Selon le média d’État birman The Global New Light of Myanmar, les militaires ont fouillé environ 200 bâtiments et interpellé près de 2 200 individus. L’armée a également saisi 30 lots de récepteurs et d’accessoires Starlink, un service internet par satellite de l’entreprise SpaceX. L’utilisation massive de Starlink par les groupes criminels avait été signalée après que l’accès à internet et à l’électricité ait été coupé par les autorités thaïlandaises en février dernier.
Des images prises par drone du KK Park, diffusées par l’AFP, montraient près de 80 antennes paraboliques Starlink installées sur un seul toit. Selon les données de l’Asia National Internet Registry (APNIC), le trafic sur le réseau Starlink a connu une augmentation significative entre le 3 juillet et le 1er octobre, devenant le principal fournisseur d’accès internet en Birmanie.
L’émergence de ces complexes criminels est directement liée à l’instabilité politique qui frappe la Birmanie depuis le coup d’État militaire de 2021. Ces centres d’escroqueries se sont développés dans la région du « Triangle d’or », une zone frontalière caractérisée par une faible application des lois. Un rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que les organisations frauduleuses d’Asie du Sud-Est, dont celles opérant en Birmanie, ont extorqué 37 milliards de dollars (environ 52 500 milliards de wons) à des victimes en Corée, au Japon, aux États-Unis et dans d’autres pays en 2023.
Les autorités thaïlandaises, chinoises et birmanes ont intensifié leurs efforts pour démanteler ces réseaux criminels depuis février dernier, libérant environ 7 000 personnes impliquées dans ces activités. De nombreux travailleurs ont témoigné avoir été victimes de trafic d’êtres humains, de violences et de conditions de travail abusives, forcés de participer à des escroqueries téléphoniques et en ligne.
Malgré les récentes opérations de répression, un haut responsable de la police thaïlandaise, cité par l’AFP, estime qu’entre 80 000 et 100 000 personnes pourraient encore être piégées dans la région, dans une « petite ville entourée de barbelés et gardée par des hommes armés ».
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