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Le nouveau sous-marin russe porte-torpilles nucléaires a été lancé

Publié le 3 novembre 2025 à 22h12. La Russie a lancé son premier sous-marin de nouvelle génération, le Khabarovsk, conçu pour transporter des torpilles nucléaires stratégiques, renforçant ainsi ses capacités de dissuasion sous-marine et suscitant des interrogations sur…

Le nouveau sous-marin russe porte-torpilles nucléaires a été lancé

Publié le 3 novembre 2025 à 22h12. La Russie a lancé son premier sous-marin de nouvelle génération, le Khabarovsk, conçu pour transporter des torpilles nucléaires stratégiques, renforçant ainsi ses capacités de dissuasion sous-marine et suscitant des interrogations sur l’évolution de la guerre anti-sous-marine au sein de l’OTAN.

  • La Russie a mis à l’eau le Khabarovsk, un sous-marin de nouvelle génération capable d’emporter six torpilles nucléaires Poséidon.
  • Ce sous-marin, basé sur la conception du Boréï, représente une nouvelle approche de la dissuasion nucléaire maritime russe.
  • Le lancement intervient dans un contexte de tensions internationales croissantes et de modernisation des arsenaux nucléaires.

Le sous-marin Khabarovsk a été lancé ce week-end à Severodvinsk, dans l’Arctique russe, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, l’amiral Alexandre Moiseev, commandant de la marine russe, ainsi que les dirigeants de la United Shipbuilding Corporation et du chantier naval Sevmash. Les images diffusées lors de l’événement montraient principalement la partie arrière du sous-marin, encore hors de l’eau, dans le hall de construction.

Le Khabarovsk est décrit par le ministère russe de la Défense comme un « croiseur lance-missiles à propulsion nucléaire », une catégorie englobant les sous-marins lance-missiles balistiques (SNLE). Cependant, il n’est pas certain que ce nouveau navire transportera des missiles balistiques, son armement principal étant plus vraisemblablement constitué de torpilles Poséidon, complétées par des missiles d’attaque terrestre et des torpilles conventionnelles. L’armée russe affirme également que le sous-marin sera équipé de systèmes robotiques non spécifiés.

Conçu par le Rubin Central Design Bureau for Marine Engineering, le Khabarovsk est basé sur la coque du SNLE de classe Boréï, une approche visant à réduire les coûts et à améliorer la furtivité. Il possède une section arrière similaire à celle du Boréï, incluant un propulseur à pompe partiellement dissimulé.

L’amiral Alexandre Moiseev, commandant de la marine russe, brise traditionnellement la bouteille de champagne contre la coque du sous-marin. Sevmash/VKontakte

Le Khabarovsk affiche un déplacement en surface d’environ 10 000 tonnes, comparativement aux près de 15 000 tonnes de la classe Boréï. Sa longueur est estimée à environ 135 à 140 mètres, contre près de 175 mètres pour les Boréï.

La Russie considère le Khabarovsk comme un « croiseur lance-missiles à propulsion nucléaire », mais son rôle principal semble être le déploiement de la torpille Poséidon. Ce système d’arme unique, d’une longueur d’environ 20 mètres pour un diamètre de 2 mètres et un poids de 110 tonnes, est conçu pour frapper des cibles côtières avec une ogive nucléaire, potentiellement capable de provoquer une contamination radioactive étendue. Des rapports suggèrent également qu’il pourrait être utilisé pour créer un tsunami radioactif, bien que la fiabilité de ces informations soit incertaine.

Le Khabarovsk est le deuxième sous-marin capable d’emporter la torpille Poséidon, après le Belgorod, qui est entré en service dans la marine russe en 2022. Cependant, le Belgorod est une conversion d’un ancien sous-marin lance-missiles à propulsion nucléaire de classe Oscar II.

Le programme a connu des retards, le lancement du Khabarovsk initialement prévu pour mi-2020. Les difficultés rencontrées pourraient être liées à la complexité de la conception, aux sanctions internationales et à la priorité accordée à d’autres programmes de construction navale. Il est également possible que la Russie envisage de modifier la conception de futurs sous-marins de cette classe, en utilisant une coque de sous-marin d’attaque de classe Yasen.

Le lancement du Khabarovsk représente un défi pour les forces navales occidentales, en particulier pour l’OTAN, qui devra adapter ses stratégies de lutte anti-sous-marine pour contrer cette nouvelle menace. La capacité de Poséidon à opérer sur de longues distances et à contourner les systèmes de défense existants soulève des inquiétudes quant à la stabilité stratégique.

Khabarovk, vue arrière.

Le président russe Vladimir Poutine a récemment déclaré que son pays avait effectué un premier essai à longue portée de la torpille Poséidon depuis un sous-marin. En savoir plus.

Le SNLE russe de classe Boréï Alexandre Nevski à la base sous-marine de Rybachiy, dans le Kamtchatka. Ministère russe de la Défense

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.