Publié le 15 décembre 2025 à 07h17. La Banque de réserve sud-africaine envisage une refonte majeure de son système monétaire, avec la création d’un service de gestion de trésorerie centralisé et le déploiement de distributeurs automatiques en marque blanche, afin de réduire les coûts et d’améliorer l’accès aux services financiers pour tous les Sud-Africains.
- La circulation des espèces en Afrique du Sud dépasse les 180 milliards de rands (10,7 milliards de dollars), représentant encore les deux tiers des transactions.
- La gestion des espèces coûte environ 90 milliards de rands par an, un fardeau supporté par les consommateurs et aggravé par la criminalité.
- La nouvelle stratégie, baptisée « Cash Smart Strategy », vise à garantir l’accès à l’argent liquide pour les populations rurales et à faible revenu.
La Banque de réserve sud-africaine (SARB) s’apprête à lancer la transformation la plus importante de son système monétaire depuis des décennies. L’objectif principal est de réduire les coûts liés à la gestion de l’argent liquide et d’améliorer l’accès aux services financiers, en particulier pour les communautés les plus défavorisées. Cette initiative, connue sous le nom de « Cash Smart Strategy », s’articule autour de plusieurs axes clés.
Selon les estimations de Bloomberg, plus de 180 milliards de rands (environ 10,7 milliards de dollars) sont actuellement en circulation dans la plus grande économie d’Afrique, ce qui représente environ 2,5 % du produit intérieur brut. Malgré la croissance des paiements numériques, l’argent liquide reste le moyen de transaction privilégié pour la majorité des Sud-Africains, représentant encore les deux tiers de tous les volumes de transactions.
La gestion, le transport et la sécurisation de ces sommes considérables représentent un coût annuel d’environ 90 milliards de rands. Une part importante de ce fardeau est répercutée sur les consommateurs, et la criminalité liée à la manipulation de l’argent liquide représente 13 % du total des dépenses.
Au cœur de ce projet de modernisation se trouve la création d’un service de trésorerie commun, détenu conjointement par les banques, les détaillants et d’autres acteurs du secteur financier. Ce service s’inspirerait du modèle néerlandais de Geldmaat, qui exploite un réseau unifié de distributeurs automatiques pour le compte de plusieurs grandes banques.
Ce service public centraliserait la gestion de la demande de liquidités et la distribution de l’argent, ce qui permettrait d’économiser environ 480 millions de rands de subventions indirectes actuellement versées à un petit nombre d’entreprises privées chargées de la circulation des espèces pour le compte de la banque centrale.
Un autre volet important de la stratégie consiste à transformer les distributeurs automatiques existants, actuellement gérés par des banques comme Capitec Bank Holdings et FirstRand, en machines en marque blanche accessibles à tous les clients, quelle que soit leur banque, à un coût minimal voire nul.
« Il s’agit d’une transformation très radicale de l’industrie. »
Pradeep Maharaj, responsable du programme de modernisation de l’écosystème des paiements de la Banque de réserve sud-africaine
Selon Pradeep Maharaj, cette interopérabilité permettra de réduire considérablement les frais de transaction. “Il y aura une interopérabilité complète, ce qui nous permettra de réduire les frais à presque zéro”, a-t-il déclaré.
Le plan a été présenté aux banques ce mois-ci et les consultations avec les experts du secteur débuteront en janvier. La mise en œuvre complète de ces réformes pourrait prendre jusqu’à trois ans. La SARB s’attend à ce que l’utilisation des espèces diminue de 30 à 40 % une fois que le pays aura atteint des niveaux de numérisation comparables à ceux de l’Inde, du Brésil et de l’Union européenne.
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