Le Pentagone a confirmé avoir mené 21 frappes ciblées dans les Caraïbes et le Pacifique, au cours de l’opération Southern Spear, qui ont entraîné la mort de 82 personnes soupçonnées d’être impliquées dans le narcoterrorisme. L’administration américaine justifie cette intensification de l’action militaire par la désignation de réseaux vénézuéliens comme entités terroristes, ouvrant la voie à des opérations létales au-delà des traditionnelles mesures de lutte contre le trafic de drogue.
Selon Kingsley Wilson, le secrétaire de presse du Pentagone, chaque frappe visait des organisations terroristes désignées dans le but de défendre les intérêts nationaux américains. Ces opérations, qui ont débuté le 2 septembre 2025, font suite à une enquête parlementaire portant sur la légalité d’une frappe de suivi ordonnée après la première attaque, qui avait laissé des survivants accrochés aux débris d’un navire.
L’incident du 2 septembre cristallise les tensions entre nécessité opérationnelle et respect du droit des conflits armés. L’amiral Frank Bradley, commandant du Commandement des opérations spéciales (SOCOM), a ordonné une seconde frappe qui a éliminé les survivants et coulé le navire. Le Pentagone insiste sur le fait que cette décision a été prise de manière indépendante par l’amiral Bradley, et non par le secrétaire d’État Pete Hegseth, afin d’éviter toute accusation de violation des protections accordées aux combattants mis hors de combat.
« Ce département défendra notre patrie », a affirmé M. Wilson lors d’un point de presse, soulignant que l’opération Southern Spear s’inscrit dans le cadre du droit américain et international. L’administration justifie cette approche en arguant que la désignation de certains réseaux vénézuéliens comme terroristes confère la même autorité de ciblage que celle utilisée dans les opérations antiterroristes menées au Moyen-Orient et en Afrique.
Cependant, cette interprétation est contestée par des juristes qui s’interrogent sur la légalité de cibler des trafiquants de drogue comme des cibles militaires. Des législateurs des deux partis ont également demandé des informations supplémentaires sur l’analyse juridique qui sous-tend l’opération.
L’opération Southern Spear marque une rupture significative avec les précédentes opérations de lutte contre les stupéfiants, qui se limitaient généralement à des saisies et des arrestations. Les données disponibles indiquent une intensité soutenue de l’action militaire américaine, avec une moyenne de près de quatre morts par interdiction. Fin novembre, des médias indépendants avaient déjà recensé au moins 80 décès suite à des frappes de bateaux dans la zone d’opérations du Commandement Sud des États-Unis, un chiffre proche des 82 victimes confirmées par le Pentagone le 1er décembre.
L’administration américaine a clairement indiqué son intention de poursuivre, voire d’intensifier, ces opérations. Pete Hegseth a déclaré que « quand il s’agit d’éliminer les narcoterroristes, nous ne faisons que commencer », signalant une volonté de traiter le trafic de drogue comme une menace directe à la sécurité nationale.