Publié le 10 octobre 2025 à 12h22. Le maire de Medellín, Federico Gutiérrez, accuse le gouvernement Petro d’attiser les troubles dans la ville et dénonce une convocation à une manifestation suspecte, ravivant les tensions politiques et sécuritaires dans la capitale de l’Antioquia.
- Federico Gutiérrez accuse le gouvernement de Gustavo Petro d’instrumentaliser les troubles à Medellín.
- Le maire dénonce une convocation à une manifestation organisée près du lieu d’où sont partis des individus cagoulés impliqués dans des incidents récents.
- Gutiérrez refuse de répondre à une convocation du ministère de l’Intérieur qu’il considère comme un piège.
La tension monte à Medellín après les déclarations incendiaires du maire Federico Gutiérrez, qui met directement le gouvernement national en cause dans les récentes perturbations de l’ordre public. Dans un message publié sur son compte de réseau social, Gutiérrez a dénoncé une stratégie délibérée visant à déstabiliser la ville.
Selon le maire, le gouvernement de Gustavo Petro ne s’intéresse à Medellín que pour y dénoncer des actes de vandalisme, faisant référence à l’opération policière du « Tarimazo », et pour « activer les premières lignes » – un terme désignant des groupes radicaux – afin d’incendier la ville.
« Le mauvais gouvernement de Petro se souvient seulement de Medellín pour voir des bandits dans le « Tarimazo » et pour activer les premières lignes pour incendier la ville. »
Federico Gutiérrez, maire de Medellín
Gutiérrez a également révélé avoir été convoqué par le ministère de l’Intérieur dans un contexte particulièrement préoccupant. Il explique que cette convocation intervient après des jours de troubles et de destructions, et qu’elle est d’autant plus suspecte qu’elle se déroulera à l’École Polytechnique, le point de départ des individus cagoulés qui ont semé le chaos la veille. Il souligne le caractère « fortuite » de la concomitance entre cette convocation et l’organisation d’une nouvelle manifestation prévue le même jour, également devant se terminer à l’École Polytechnique.
Le maire a affirmé avoir donné des instructions claires à son administration : aucun représentant de la mairie ne répondra à cette convocation, qu’il considère comme un piège. Il a invité les responsables à se rendre disponibles à la mairie et à suivre de près les manifestations ordonnées, qu’il accuse d’être destinées à semer le désordre.
« J’ai donné des instructions selon lesquelles personne de la @AlcaldiadeMed n’ira à ce piège. Ils seront accueillis avec plaisir à la Mairie. De plus, vous êtes invités au PMU pour donner suite aux manifestations que vous avez ordonnées pour semer le désordre. »
Federico Gutiérrez, maire de Medellín
Enfin, Gutiérrez a tenu à responsabiliser directement le président Gustavo Petro et son gouvernement pour les éventuels troubles qui pourraient survenir à Medellín en raison de ces mobilisations. Il a appelé à la fin de l’incitation à la haine et à la préservation de la tranquillité de Medellín et de la Colombie.
« Je tiens Petro et ses responsables pour responsables de ce qui pourrait arriver demain à Medellín. Arrêtez d’inciter à la haine. Laissez Medellín et toute la Colombie tranquilles. »
Federico Gutiérrez, maire de Medellín
Ces accusations interviennent après des jours de manifestations qui se sont soldées par des affrontements violents, des attaques contre les agents de maintien de l’ordre et des actes de vandalisme contre des commerces. La situation reste tendue et les autorités locales s’attendent à de nouvelles perturbations dans les heures à venir.