Publié le 17 mai 2024 à 14h35. Les États-Unis et plusieurs de leurs alliés, dont l’Égypte, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie, pressent le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter rapidement un projet de résolution concernant la bande de Gaza, tandis que la Russie présente une proposition concurrente.
- Washington et ses partenaires soutiennent un projet de résolution autorisant la formation d’une force internationale de stabilisation à Gaza, avec un rôle pour Israël, l’Égypte et la police palestinienne.
- Ce projet de résolution envisage également la création d’un « Conseil de paix » dirigé par l’ancien président américain Donald Trump, avec un mandat jusqu’à fin 2027.
- La Russie a présenté un projet de résolution alternatif qui ne prévoit pas la création d’un tel conseil ni le déploiement immédiat d’une force internationale.
Les États-Unis et leurs alliés ont exprimé leur soutien commun au projet de résolution américain, estimant qu’il offre une voie pragmatique vers la paix et la stabilité non seulement entre Israéliens et Palestiniens, mais aussi pour l’ensemble de la région. Ils ont souligné l’urgence d’une action rapide, alors que le cessez-le-feu en cours à Gaza est jugé « fragile ».
Selon le texte du projet de résolution américain, consulté par l’Agence France-Presse, la résolution salue la création du « Conseil de paix », un organe de gouvernance de transition pour Gaza qui serait théoriquement présidé par Donald Trump. Le mandat de ce conseil s’étendrait jusqu’à la fin de l’année 2027.
La résolution autoriserait également les États membres à former une « force internationale de stabilisation intérimaire » qui travaillerait en collaboration avec Israël, l’Égypte et les forces de police palestiniennes nouvellement formées. L’objectif serait de sécuriser les zones frontalières et de démilitariser la bande de Gaza.
Contrairement aux précédents projets de résolution, ce texte mentionne explicitement la possibilité de la création d’un futur État palestinien.
Parallèlement, la Russie a présenté un projet de résolution concurrent au Conseil de sécurité. Ce texte, également consulté par l’AFP, se contente de saluer « l’initiative qui a conduit au cessez-le-feu » sans mentionner le nom de Donald Trump. Il appelle le Secrétaire général des Nations Unies à examiner les options pour mettre en œuvre les dispositions du plan de paix et à rendre compte des possibilités de déploiement d’une force internationale de stabilisation à Gaza.
L’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Mike Waltz, a mis en garde contre les conséquences d’un rejet du projet de résolution américain, affirmant que cela reviendrait à « voter pour le maintien au pouvoir des terroristes du Hamas ou pour un retour à la guerre avec Israël ». Dans un article publié dans le Washington Post, il a ajouté que « tout écart de cette voie, que ce soit de la part de ceux qui souhaitent se livrer à des jeux politiques, aura un coût humain réel ».
Des sources diplomatiques ont souligné que, bien que les membres du Conseil de sécurité semblent globalement soutenir les principes du plan de paix, des questions subsistent concernant le texte américain, notamment l’absence d’un mécanisme de contrôle exercé par le Conseil, le rôle de l’Autorité palestinienne et les détails du mandat des forces de sécurité israéliennes. La mission russe auprès des Nations Unies a quant à elle souligné que sa proposition alternative reconnaît le principe d’une « solution à deux États » pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
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