Publié le 15 novembre 2023 17:48:00. Les autorités philippines se préparent à une importante manifestation, baptisée « Marche du billion de pesos », prévue le 30 novembre, tout en rappelant les limites légales à la liberté d’expression et de rassemblement.
- La police nationale philippine (PNP) met en place un dispositif de sécurité renforcé pour la manifestation du 30 novembre.
- Le ministère de l’Intérieur et du Gouvernement local (DILG) souligne le droit constitutionnel de manifester, mais met en garde contre les appels à la sédition.
- Les autorités s’attendent à des perturbations de la circulation et appellent à la prudence.
La police philippine se prépare activement à accueillir la « Marche du billion de pesos », une manifestation de grande ampleur organisée par des groupes religieux et de la société civile le 30 novembre. Le lieutenant-général José Melencio Nartatez Jr., chef par intérim de la PNP, a indiqué que le déroulement pacifique d’un récent rassemblement de l’Iglesia Ni Cristo (INC) à la tribune Quirino servirait de modèle pour le plan de sécurité.
« Cette manifestation de l’INC vient de se terminer et cette marche d’un billion de pesos est notre priorité. Nous disposons de suffisamment de personnel et d’équipement pour assurer l’ordre et la sécurité de tous les citoyens », a déclaré Nartatez, précisant que la coordination avec les unités gouvernementales locales et les organisateurs est en cours pour garantir le bon déroulement de l’événement. Il a souligné que l’expérience acquise lors de la sécurisation de précédents rassemblements, notamment à la tribune Quirino, avait renforcé la capacité opérationnelle de la PNP.
« La mise en œuvre réussie de la sécurité lors des récents rassemblements, en particulier à la tribune Quirino, a été une autre bonne expérience qui a renforcé la capacité opérationnelle du PNP à gérer de grands rassemblements. Avec la coopération des organisateurs et des participants, nous sommes confiants d’assurer la sécurité du peuple alors qu’il exerce ses droits démocratiques. »
José Melencio Nartatez Jr., chef par intérim de la PNP
Les autorités anticipent des difficultés potentielles, notamment des embouteillages, des accidents de la route et des débordements, rappelant les incidents survenus le 21 septembre à Manille, près du pont Ayala et de Mendiola. La PNP a affirmé être prête à faire preuve de tolérance envers les manifestants pacifiques, tout en adoptant une politique de tolérance zéro envers toute forme de violence ou d’activité illégale.
« Notre approche est claire : une tolérance maximale pour ceux qui exercent pacifiquement leurs droits et une tolérance zéro pour toute forme de violence ou d’activité illégale », a insisté Nartatez. Il a appelé les participants à suivre les instructions des forces de l’ordre et à respecter les autres manifestants.
Parallèlement, le ministère de l’Intérieur et du Gouvernement local (DILG) a rappelé que la Constitution de 1987 garantit aux citoyens le droit de s’organiser, de se rassembler pacifiquement et d’exprimer leurs opinions, tout en soulignant l’existence de limites juridiques liées aux lois sur la sédition.
« Veiller à ce que les citoyens puissent s’exprimer et se rassembler librement, tout en faisant respecter les lois qui protègent contre toute déstabilisation illégale, est essentiel au fonctionnement d’une démocratie. »
DILG
Le DILG a précisé que les articles 139 à 142 du code pénal définissent clairement les actes constitutifs de sédition et d’incitation à la sédition, qui ne s’appliquent que lorsque des actions ou des déclarations visent à susciter une résistance illégale contre les autorités légitimes ou à entraver le fonctionnement du gouvernement.
Le secrétaire du gouvernement local, Jonvic Remulla, a exprimé des préoccupations suite à une manifestation organisée le dimanche précédent au Monument du pouvoir du peuple à Quezon City, au cours de laquelle certains participants avaient appelé à la démission du président Ferdinand Marcos Jr. dans le contexte de la controverse sur la gestion des inondations. Remulla a averti que certaines déclarations pourraient être interprétées comme une incitation à la sédition et faire l’objet de poursuites judiciaires.
Le DILG a affirmé que les critères juridiques pour identifier les infractions liées à la sédition sont bien établis et ont guidé les évaluations de la sécurité nationale sous toutes les administrations, soulignant ainsi l’importance de trouver un équilibre entre la participation démocratique et le maintien de l’ordre public.
Les automobilistes et les riverains sont invités à anticiper des perturbations de la circulation et à envisager des itinéraires alternatifs le jour de la manifestation.
Sur le même sujet
