Publié le 10 décembre 2025 à 17h30. Le dernier film de James L. Brooks, Ella McCay, déçoit les critiques qui regrettent un retour en forme manqué pour le réalisateur de Broadcast News et des Simpson.
- Emma Mackey incarne Ella McCay, une jeune lieutenant-gouverneure confrontée à un scandale potentiel et à des dynamiques familiales complexes.
- La critique souligne un manque de réalisme dans le scénario et des personnages peu convaincants, notamment le mari de l’héroïne.
- Seuls Kumail Nanjiani et Albert Brooks, dans un rôle qui aurait dû revenir à Jack Nicholson, parviennent à tirer leur épingle du jeu.
James L. Brooks, connu pour ses comédies dramatiques acérées et son travail sur la série animée Les Simpson, signe un retour attendu au cinéma avec Ella McCay. Cependant, ce film, qui se déroule en 2008 (avec une tentative de contextualisation pour l’année 2025), semble avoir raté son objectif, selon les premières réactions. L’intrigue suit Ella McCay (Emma Mackey), une jeune femme de 34 ans propulsée vers le poste de gouverneur après l’annonce du départ de son mentor, le gouverneur Bill (Albert Brooks). Avant même de prendre ses fonctions, elle doit faire face à un scandale qui menace sa carrière, tout en jonglant avec un mari hésitant (Jack Lowden) et un père imprévisible (Woody Harrelson), sa seule alliée étant sa tante (Jamie Lee Curtis).
La performance d’Emma Mackey, étoile montante du cinéma (elle sera prochainement à l’affiche du film Narnia de Greta Gerwig ici), est éclipsée par un rôle jugé impossible à défendre. Le personnage d’Ella McCay est dépeint comme une optimiste excessivement naïve, dont l’ascension politique apparaît peu crédible. La critique souligne que la réalisatrice semble avoir du mal à rendre crédible une scène où le personnage découvre que son frère consomme de la marijuana, ou encore sa première expérience avec le cannabis, qui est présentée de manière caricaturale, rappelant des scènes de L’Histoire du monde : première partie de Mel Brooks.
Le film souffre également de personnages masculins peu développés et souvent peu flatteurs. Woody Harrelson, dans le rôle du père d’Ella McCay, est décrit comme un personnage plus proche de la psychose que d’un simple mauvais payeur « hilarant ». Des scènes de flashbacks le montrent flirtant avec d’autres femmes lors des funérailles de sa femme, ce qui, selon la critique, est difficilement justifiable. Jack Lowden, quant à lui, incarne un mari si peu sûr de lui qu’il se lance dans des manigances mesquines, rendant difficile à croire que McCay, présentée comme une femme intelligente, ne l’ait pas démasqué en dix-huit ans de mariage. Il est décrit comme l’un des maris les moins agréables à l’écran depuis Eric Roberts dans Star 80.
Deux acteurs parviennent néanmoins à se démarquer. Kumail Nanjiani, dans le rôle d’un collaborateur loyal, aurait mérité, selon la critique, d’être le personnage principal. Albert Brooks, enfin, offre une performance solide en tant que gouverneur Bill, un personnage acerbe et sympathique, un rôle qui aurait été idéal pour Jack Nicholson. Ses scènes sont les seules à conserver l’esprit mordant qui caractérisait les précédents films de James L. Brooks.
Ella McCay, le premier film de James L. Brooks depuis quinze ans, est perçu comme une déception et un film que le réalisateur aurait dû éviter. Les critiques s’accordent à dire qu’il sera sévèrement jugé et qu’il risque de laisser un sentiment de malaise chez les spectateurs.
