Publié le 13 décembre 2025 à 11h30. Malgré une annonce de Donald Trump concernant un accord de cessez-le-feu, les affrontements militaires entre la Thaïlande et le Cambodge se poursuivent, menaçant la stabilité de la région et déplaçant des milliers de civils.
- La Thaïlande affirme qu’elle continuera ses opérations militaires tant qu’elle se sentira menacée.
- Le Cambodge accuse la Thaïlande de poursuivre ses attaques, notamment avec des avions de combat F-16.
- Donald Trump avait déclaré que les deux pays avaient accepté de cesser les tirs après des conversations avec leurs Premiers ministres.
Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge, qui perdurent depuis des décennies en raison d’un litige sur la démarcation de leur frontière de 800 km (héritage de l’époque coloniale), ont connu une recrudescence ces derniers jours. Environ un demi-million de personnes ont été déplacées des deux côtés de la frontière en raison des combats.
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a réaffirmé la détermination de son pays à défendre son territoire. Dans un message publié sur Facebook, il a déclaré :
« La Thaïlande continuera à mener des actions militaires jusqu’à ce que nous ne ressentions plus de danger ni de menace pour notre terre et notre peuple. »
Anutin Charnvirakul, Premier ministre thaïlandais
Bangkok a confirmé que ses forces ont « riposté » à des cibles militaires cambodgiennes dès 5h50 du matin (heure locale). De son côté, le ministère cambodgien de la Défense a accusé la Thaïlande d’avoir utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes sur plusieurs positions, affirmant que les bombardements se poursuivaient.
« Les avions militaires thaïlandais n’ont pas encore arrêté leurs bombardements. »
Ministère cambodgien de la Défense
Ces développements interviennent après une déclaration surprenante de l’ancien président américain Donald Trump, qui a affirmé avoir obtenu un accord de cessez-le-feu entre les deux pays. Sur sa plateforme Truth Social, M. Trump a déclaré avoir eu des « très bonnes conversations » avec les Premiers ministres thaïlandais et cambodgien, Hun Manet et Anutin Charnvirakul, concernant le regain de tensions. Il a affirmé qu’ils avaient convenu de « CESSER tous les tirs à compter de ce soir » et de revenir à un accord de paix initial conclu en juillet avec l’aide du Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim.
M. Trump a également souligné que les deux pays étaient « prêts pour la PAIX et la poursuite des échanges commerciaux avec les États-Unis d’Amérique », remerciant par la même occasion M. Ibrahim pour son aide.
Le Premier ministre thaïlandais avait initialement déclaré que le Cambodge respecterait le cessez-le-feu, ajoutant que « celui qui a violé l’accord doit régler (la situation) – pas celui qui a été violé ». Il a qualifié son entretien avec M. Trump de « très positif ».
Un cessez-le-feu avait déjà été négocié en juillet par les États-Unis, la Chine et la Malaisie, en tant que présidents du bloc régional de l’ASEAN, après une première vague de violence de cinq jours. En octobre, M. Trump avait salué une déclaration commune entre la Thaïlande et le Cambodge, évoquant de nouveaux accords commerciaux après la prolongation de la trêve. Cependant, la Thaïlande a suspendu cet accord le mois suivant suite à des blessures infligées à des soldats thaïlandais par des mines terrestres à la frontière.
Le Premier ministre cambodgien, Hun Manet, a déclaré sur Facebook que son pays avait toujours privilégié des solutions pacifiques aux différends et a suggéré que les États-Unis et la Malaisie pourraient utiliser leurs capacités de renseignement pour déterminer quelle partie a ouvert le feu en premier le 7 décembre.
« Le Cambodge a toujours adhéré à des moyens pacifiques pour résoudre les différends. »
Hun Manet, Premier ministre cambodgien
Anutin Charnvirakul a affirmé qu’il n’y avait « aucun signe » que M. Trump ait conditionné la poursuite des négociations commerciales à un cessez-le-feu, mais qu’il avait garanti à la Thaïlande d’obtenir « de meilleurs avantages que les autres pays ». Il a également annoncé hier la dissolution du Parlement thaïlandais après trois mois de mandat, ouvrant la voie à des élections générales au début de l’année prochaine.


