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Le président américain envisage d’exempter la Hongrie des sanctions sur l’énergie russe

by Clara Dubois

Publié le 8 novembre 2025 à 6h39. Malgré les sanctions internationales, l’administration Trump a accordé à la Hongrie une dérogation d’un an pour continuer à importer du pétrole et du gaz russe, une décision qui suscite des critiques au sein même du Congrès américain.

  • Les États-Unis ont exempté la Hongrie des sanctions liées aux importations d’énergie russe pendant un an.
  • Donald Trump a justifié cette dérogation par les difficultés logistiques de la Hongrie, pays sans accès direct à la mer.
  • Des sénateurs américains de tous bords politiques ont appelé la Hongrie à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Lors d’une rencontre à Washington, le président américain Donald Trump a promis au Premier ministre hongrois Viktor Orban de maintenir l’accès de son pays au pétrole et au gaz russes, en dépit des sanctions imposées à Moscou en raison de la guerre en Ukraine. Cette décision, annoncée par un représentant de la Maison Blanche, intervient alors que l’Union européenne s’efforce de réduire drastiquement sa dépendance énergétique à la Russie.

Selon la Maison Blanche, les États-Unis réexamineront la situation de la Hongrie dans un an. Trump a souligné que, compte tenu de l’absence de ports maritimes hongrois, il serait « très difficile pour Orban d’obtenir du pétrole et du gaz d’autres régions ».

Immédiatement après sa rencontre avec Trump, Viktor Orban a déclaré que les États-Unis lui avaient accordé un traitement de faveur.

« En ce qui concerne les gazoducs Turkish Stream (gaz naturel) et Druzhba (pétrole), la Hongrie bénéficiera d’une exemption totale des sanctions »

Viktor Orban, Premier ministre hongrois

, a-t-il affirmé, cité par l’agence de presse hongroise MTI.

Cette dérogation a suscité des réactions immédiates au sein du Congrès américain. Des sénateurs républicains et démocrates ont conjointement présenté une résolution appelant la Hongrie à réduire sa dépendance à l’énergie russe et à se conformer au plan de l’UE visant à éliminer complètement les importations russes d’ici à fin 2027.

Le gouvernement américain n’a imposé de nouvelles sanctions aux entreprises énergétiques russes qu’en octobre, ce qui pourrait également entraîner des sanctions secondaires à l’encontre des acheteurs, tels que la Hongrie. Washington justifie cette approche par le refus du président russe Vladimir Poutine de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Donald Trump a également loué Viktor Orban comme un « grand leader », estimant que d’autres pays européens devraient « respecter davantage la Hongrie » et reconnaître sa position sur l’immigration. Orban a de son côté souligné que la migration dans son pays était « nulle ».

Le Premier ministre hongrois se considère comme l’allié le plus proche de Donald Trump au sein de l’Union européenne. Il entretient également des relations étroites avec Vladimir Poutine. Trump a d’ailleurs évoqué la possibilité de s’entretenir avec Orban de ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu en Ukraine, affirmant qu’il « comprend Poutine et le connaît très bien ». Une rencontre entre Trump et Poutine à Budapest avait été envisagée, mais a été annulée en raison de perspectives de succès jugées trop faibles.

Orban s’est rendu à Washington avec une importante délégation comprenant des ministres, des chefs d’entreprise et des alliés politiques. De nombreux partenaires européens de la Hongrie considèrent sa position comme un affaiblissement du front commun contre Moscou et l’accusent de ne pas faire suffisamment d’efforts pour trouver des alternatives pétrolières. Orban a à plusieurs reprises menacé d’opposer son veto aux sanctions de l’UE. Soutenir Trump revêt également une importance symbolique pour Orban, alors que les élections législatives en Hongrie, qui se tiendront dans quelques mois, s’annoncent serrées.

L’Union européenne avait, après l’invasion russe de l’Ukraine, promulgué un embargo important sur les importations de pétrole russe. Selon la Commission européenne, la part des importations européennes de pétrole en provenance de Russie est passée de 29 % au premier trimestre 2021 à 2 % au deuxième trimestre 2025.

Seules la Hongrie et la Slovaquie bénéficient actuellement de dérogations au sein de l’UE, continuant de recevoir d’importantes quantités de pétrole russe via l’oléoduc Drouzhba. La Hongrie continue également d’importer massivement du gaz naturel russe, justifiant cette dépendance par le fait que 90 % de son chauffage est assuré par le gaz. Orban affirme que la deuxième ligne via la Croatie ne peut actuellement être utilisée qu’en complément et considère la sécurité d’approvisionnement comme « importante pour la survie », mettant en garde contre les conséquences économiques et sociales d’une interruption rapide des livraisons de pétrole russe.

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