Le président Lee Jae-myung a demandé ce mardi une étude juridique sur la possibilité de dissoudre des fondations religieuses en Corée du Sud, suite à des accusations d’ingérence politique et de financement illégal de campagnes électorales. Cette décision intervient dans un contexte de vives controverses autour de l’Église de l’Unification et de ses liens avec le parti au pouvoir.
Lors d’une réunion du cabinet présidentiel, Lee Jae-myung a souligné l’importance constitutionnelle de la séparation de l’Église et de l’État, avertissant que toute violation de ce principe pourrait « détruire l’ordre constitutionnel et même conduire à une guerre de religion ». Il a demandé au ministère de la Législation gouvernementale d’examiner la possibilité d’appliquer une ordonnance de dissolution, s’inspirant d’une situation similaire au Japon.
En 2023, le gouvernement japonais avait déposé une demande de dissolution de la Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification, une fondation liée à l’Église de l’Unification. Cette démarche faisait suite au meurtre de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, dont l’assassin avait invoqué les dons importants de sa mère à cette organisation comme motif de son acte. Un tribunal de Tokyo a finalement ordonné la dissolution de la corporation religieuse en mars dernier, une décision actuellement contestée en appel.
Le président Lee a spécifiquement évoqué l’article 20 de la Constitution sud-coréenne, qui garantit la séparation de l’Église et de l’État, ainsi que l’article 38 du Code civil, qui permet la révocation de l’autorisation de créer des associations si elles enfreignent la loi ou nuisent à l’intérêt général. « Si une société exerce des activités commerciales à des fins autres que celles prévues, viole les conditions du permis d’établissement ou se livre à d’autres actes préjudiciables à l’intérêt public, l’autorité compétente peut révoquer le permis », a-t-il rappelé.
À ce stade, le ministère de la Législation gouvernementale a indiqué qu’il examinerait la question. Une éventuelle décision de dissolution pourrait être contestée devant les tribunaux, qui auraient le dernier mot.
Par ailleurs, le procureur spécial Min Joong-ki a inculpé le 7 du mois dernier Hak Ja Han, la présidente de l’Église de l’Unification, et Yoon Young-ho, son ancien directeur mondial, pour violation de la loi sur le parti politique. Ils sont accusés d’avoir mobilisé plus de 2 400 membres de l’église et de leur avoir promis des compensations en échange de leur soutien au Parti du pouvoir populaire lors des élections législatives de 2023.