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Le prix à lui seul se chiffre en milliards… 0,1 % des personnes ultra-riches sont tombées amoureuses du frisson du polo

Publié le 16 octobre 2025 08:45:00. Le polo, sport ancestral réservé aux élites fortunées, connaît un regain d’intérêt, attirant une nouvelle vague de joueurs et de sponsors de luxe. Au-delà de la compétition, ce sport est devenu un…

Le prix à lui seul se chiffre en milliards… 0,1 % des personnes ultra-riches sont tombées amoureuses du frisson du polo

Publié le 16 octobre 2025 08:45:00. Le polo, sport ancestral réservé aux élites fortunées, connaît un regain d’intérêt, attirant une nouvelle vague de joueurs et de sponsors de luxe. Au-delà de la compétition, ce sport est devenu un lieu de sociabilité et d’affaires pour les plus riches.

  • Le polo est un sport extrêmement coûteux, où l’achat et l’entretien des chevaux représentent la plus grande dépense.
  • Historiquement pratiqué par les rois et les nobles, le polo est aujourd’hui un symbole de richesse et de pouvoir.
  • En Corée du Sud, une nouvelle génération d’entrepreneurs et de personnalités fortunées s’investit dans ce sport.

Le polo, dont les origines remontent au « Chobgan », un jeu équestre pratiqué en Perse au VIe siècle avant J.-C., est depuis des siècles le sport des rois et des nobles. Modernisé au XIXe siècle par les officiers britanniques en Inde, il s’est rapidement répandu dans la haute société européenne, notamment grâce à la famille royale britannique. Aujourd’hui encore, le roi Charles III et le prince William continuent de pratiquer ce sport.

Loin d’être une simple compétition sportive, le polo est un investissement conséquent. Comme le souligne un joueur interrogé dans le documentaire Netflix « Polo », sorti en décembre dernier :

« Nous ne jouons pas pour gagner de l’argent. Nous gagnons simplement de l’argent pour jouer. »

Joueur de polo

Cette phrase résume parfaitement l’essence du polo : l’argent est le point de départ, et non le résultat. L’achat des chevaux, la constitution d’une équipe et l’entretien des infrastructures représentent un coût colossal, se chiffrant en milliards de wons (plusieurs millions d’euros).

Le polo fonctionne selon un système de mécénat. Les propriétaires d’équipes financent intégralement les joueurs, les entraîneurs et les chevaux, avec des coûts de fonctionnement qui peuvent atteindre plusieurs millions d’euros par saison. Les frais de gestion des écuries, de formation, de transport et d’assurance contribuent à rendre ce sport particulièrement onéreux. Cette structure même reflète une « économie des sports d’élite ».

Le polo est également un lieu de rassemblement social et une vitrine de richesse et de pouvoir. C’est pourquoi les marques de luxe, telles que Royal Salute, Cartier et Rolls-Royce, sont nombreuses à sponsoriser des tournois de polo, associant leur image à la « royauté » et à la « loyauté ». Le prince Harry, producteur exécutif et participant au documentaire Netflix « Polo », a déclaré :

« Le polo fait partie de moi et de ma communauté. »

Prince Harry

Ce sport aristocratique connaît un nouvel essor en Corée du Sud. Les 27 et 28 septembre derniers, une vingtaine de jeunes entrepreneurs et de personnalités fortunées ont participé à la 3e Coupe du Président organisée par la Fédération coréenne de polo au Korea Polo Club à Gujwa-eup, Jeju. Portant des tenues décontractées plutôt que des costumes, ils ont renforcé leurs liens en s’affrontant sur le terrain, plutôt que dans les salles de réunion. La question posée était simple : pourquoi jouer au polo ? La réponse était un écho à celle entendue dans le documentaire : « Il n’y a pas de sport plus excitant que le polo. Nous travaillons dur chaque week-end pour ressentir cette adrénaline. Le polo est devenu l’une des raisons pour lesquelles nous devons gagner de l’argent. »

Le prix d’un cheval peut dépasser les 380 millions de wons : le polo, un sport où l’argent achète la dignité.

Selon un responsable du British Guard Polo Club, le polo est un jeu où « l’argent permet de gagner du temps et de la dignité ». Il ne s’agit pas seulement d’un jeu de balle, mais d’une compétition sociale où se croisent les élites fortunées, une célébration de la gloire et du pouvoir. L’accès à un club de polo est sélectif, et franchir ce seuil ouvre les portes d’un monde réservé aux 0,1 % les plus riches.

Le coût principal réside dans les chevaux. Selon Polo Valley, une plateforme européenne de commerce de poneys de polo, un Polo Pony peut coûter entre 25 000 et 35 000 euros (environ 40 à 58 millions de wons). Cependant, le prix varie considérablement en fonction de l’expérience, du pedigree et du niveau de formation. Le quotidien britannique The Times rapporte que les meilleurs poneys de polo peuvent atteindre 200 000 livres sterling (environ 380 millions de wons), et que des clones ont même été vendus pour 600 000 livres sterling (environ 1,15 milliard de wons).

Mais le véritable fardeau n’est pas le prix d’achat, mais le coût d’entretien. Les frais annuels pour un cheval s’élèvent à environ 10 à 30 millions de wons, incluant la formation, l’alimentation, l’assurance, les soins vétérinaires et les salaires des entraîneurs. De plus, un match de polo nécessite au moins quatre chevaux par joueur, car un cheval ne peut pas jouer plus d’un chukker (7 minutes et 30 secondes) à pleine vitesse. Il faut donc prévoir au moins 32 à 40 chevaux pour un match à huit joueurs. La valeur totale des chevaux présents sur le terrain peut donc atteindre plusieurs milliards de wons. À cela s’ajoutent les frais de fonctionnement des équipes dans les pays où les ligues de polo sont actives, pris en charge par les propriétaires, les joueurs et les sponsors.

Règles du jeu de polo : une combinaison d’équitation et de hockey sur gazon

Le polo est souvent décrit comme du « hockey joué à cheval ». En effet, la méthode consistant à frapper la balle avec un maillet et à la diriger vers le but adverse est similaire à celle du hockey. Cependant, il s’agit d’un sport beaucoup plus intense et dangereux. La Fédération Internationale de Polo (FIP) le considère comme le deuxième sport le plus dangereux après la course automobile.

Les chevaux, pesant en moyenne 500 kg, galopent à 60 km/h sur un terrain en herbe de la taille de six terrains de football (274 m de long et 146 m de large), se disputant une petite balle de 8,5 cm de diamètre et pesant environ 130 g. Les collisions entre chevaux sont fréquentes, et les chutes peuvent entraîner des blessures graves, voire mortelles.

Une équipe est composée de quatre joueurs, chacun ayant un « handicap » allant de -2 à +10, basé sur sa capacité à contrôler le cheval, sa précision, sa compréhension tactique, son esprit sportif et son travail d’équipe. Le niveau de la ligue est déterminé par le handicap total de l’équipe, afin d’assurer des rencontres équilibrées. Il n’existe qu’une vingtaine de joueurs au monde ayant atteint un handicap de 10 buts.

Les positions des joueurs sont clairement définies : le numéro 1 est l’attaquant, le numéro 2 le joueur de soutien, le numéro 3 le meneur de jeu et le numéro 4 le dernier défenseur. La règle de notation est simple : un point est marqué lorsque la balle franchit le but adverse, après quoi les équipes changent de camp pour compenser les différences de vent, de lumière et de terrain. Les joueurs ne peuvent frapper la balle qu’avec leur main droite. Une « ligne de balle » est établie en fonction de la direction du jeu, et les joueurs doivent respecter cette ligne virtuelle pour éviter les collisions. Des équipements de protection, tels que des casques, des genouillères, des bottes en cuir et des gants, sont obligatoires pour les joueurs, tandis que les chevaux portent des jambières et des bandes de queue. Les chevaux et les cavaliers sont considérés comme des athlètes à part entière.

Jeju = journaliste Seo Jae-won [email protected]

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.