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Le rapport énergétique : hors de la mer Noire

by Amélie Bernard

Les perturbations en mer Noire et les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés pétroliers mondiaux, entraînant une volatilité accrue des prix du diesel et une adaptation rapide des acteurs du secteur énergétique. Malgré des conditions météorologiques défavorables et des attaques, le pétrole russe parvient encore à atteindre ses destinations, mais à un coût croissant.

Selon un rapport de Reuters, les expéditions de pétrole depuis les ports russes de la mer Noire, notamment Novorossiysk et le terminal CPC, ont diminué d’environ 1 million de tonnes par rapport au calendrier initial de novembre. Ces réductions sont dues à des tempêtes violentes et à des attaques de drones qui ont perturbé les opérations de chargement.

Cette situation est d’autant plus significative que les bruts lourds russes (Urals, Siberian Light et KEBCO) jouent un rôle crucial dans la stabilisation des marchés pétroliers. Avec seulement 2,5 millions de tonnes exportées sur les 3,2 millions prévues, ces interruptions soulignent la sensibilité de l’approvisionnement énergétique mondial aux événements géopolitiques.

Parallèlement, des raffineries chinoises continuent de trouver des moyens d’importer du pétrole russe, malgré une augmentation de 150 % des primes d’assurance en mer Noire suite aux attaques contre les navires. Bloomberg signale également une crainte croissante de représailles russes contre les navires liés à l’Ukraine à mesure que les tensions s’intensifient.

L’Energy Information Administration (EIA) a mis en évidence l’urgence de la situation en soulignant que les marges bénéficiaires des raffineries de diesel à l’échelle mondiale ont atteint leur plus haut niveau depuis fin octobre. Cette hausse est attribuée à des arrêts de raffineries en Russie et au Moyen-Orient, ainsi qu’à l’application de nouvelles sanctions contre la Russie.

Ces perturbations ont limité la production globale des raffineries et resserré les approvisionnements mondiaux en diesel, avec des effets particulièrement visibles dans le bassin atlantique. Les prix de référence sur les principaux hubs, tels qu’Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA), le port de New York et la côte américaine du Golfe, ont tous augmenté.

Les sanctions récentes de l’Union européenne ciblant les principales compagnies pétrolières russes et restreignant les importations de produits raffinés d’origine russe ont également contribué à cette tension sur les marchés du diesel, venant s’ajouter aux interdictions déjà en place suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les attaques contre les raffineries russes et les infrastructures d’exportation ont encore réduit les exportations de produits russes, obligeant les marchés dépendants à rechercher des sources d’approvisionnement alternatives et à faire face à une hausse des prix. En dehors de la Russie, l’arrêt de la raffinerie d’Al Zour au Koweït, combiné à une saison de maintenance chargée au Moyen-Orient et à l’incertitude concernant la raffinerie de Dangote au Nigeria, a exacerbé la pression sur le bassin atlantique.

Les raffineries américaines ont augmenté leur production pour répondre à la demande. La semaine se terminant le 28 novembre 2025, elles ont traité en moyenne 16,9 millions de barils par jour, soit une augmentation de 433 000 barils par jour par rapport à la semaine précédente. Elles ont fonctionné à 94,1 % de leur capacité totale.

La production d’essence a également augmenté, atteignant en moyenne 9,8 millions de barils par jour, tandis que la production de distillats a progressé de 53 000 barils par jour, pour atteindre 5,1 millions de barils par jour. Les importations américaines de pétrole brut se sont élevées à 6,0 millions de barils par jour en moyenne, en baisse de 456 000 barils par rapport à la semaine précédente.

Les stocks de pétrole brut commercial ont augmenté de 0,6 million de barils, atteignant un total de 427,5 millions de barils, soit environ 3 % de moins que la moyenne quinquennale pour cette période de l’année. Les stocks d’essence ont bondi de 4,5 millions de barils, se situant à peine 2 % en dessous de la moyenne quinquennale.

Malgré ces augmentations de stocks, la demande totale de produits fournis au cours des quatre dernières semaines s’est élevée en moyenne à 20,3 millions de barils par jour, soit seulement 0,5 % de moins qu’à la même période l’année dernière.

Par ailleurs, le froid intense qui s’abat sur l’Amérique du Nord a fait grimper les prix du gaz naturel, atteignant plus de 5,00 $ par million de BTU pour la première fois depuis décembre 2022. Jodi Shafto de Natural Gas Intelligence a souligné que ce froid de décembre prépare le terrain pour une hausse des prix en janvier. Fox Weather confirme ces inquiétudes, prévoyant des tempêtes de neige et des conditions de voile blanc potentiellement dangereuses.

Enfin, les importations asiatiques de gaz naturel liquéfié (GNL) évoluent, les prix élevés incitant les acheteurs à explorer des options plus rentables comme le charbon. L’Europe, quant à elle, devrait enregistrer une autre année record d’importations de GNL, alimentée par une diminution des stocks de gaz et une forte demande pour le GNL américain.

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