La Réserve fédérale américaine a manqué une occasion de relancer l’économie en maintenant ses taux d’intérêt inchangés, malgré un ralentissement marqué du marché de l’emploi. Les derniers chiffres publiés révèlent une perte de dynamisme inquiétante, alimentant les anticipations d’une baisse des taux dès le mois de septembre.
Seulement 73 000 emplois ont été créés le mois dernier, un chiffre bien inférieur aux attentes. L’impact est d’autant plus fort que les données des mois précédents ont été considérablement revues à la baisse : le nombre d’emplois créés en mai est désormais estimé à seulement 19 000, et celui de juin a été revu de 147 000 à 14 000, ce qui représente une perte nette de 258 000 emplois par rapport aux estimations initiales. Ces ajustements ne sont pas de simples corrections techniques, mais témoignent d’une réelle pression sur le marché du travail.
Le taux de chômage s’est stabilisé à 4,2 %, conformément aux prévisions, mais une analyse plus approfondie du rapport révèle des signaux d’alerte. Le taux de participation à la population active a chuté à 62,2 %, son niveau le plus bas depuis près de deux ans. L’enquête auprès des ménages fait également état d’une perte de 260 000 emplois. Le chômage de longue durée s’aggrave également, avec une durée moyenne dépassant désormais les 24 semaines, et 1,82 million d’Américains sont sans emploi depuis plus de six mois, un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis 2021.
Le secteur de la santé reste le seul point positif, mais la plupart des autres secteurs sont restés stables ou ont connu une contraction, y compris le secteur public, qui a perdu 84 000 emplois depuis janvier.
Si les salaires ont augmenté de 0,3 % par mois et de 3,9 % sur un an, cette hausse ne suffit pas à compenser la faiblesse de la création d’emplois.
Les marchés financiers ont réagi immédiatement à ces chiffres : les actions ont baissé, les rendements obligataires ont chuté et les anticipations d’une baisse des taux ont augmenté. Les données des marchés à terme indiquent désormais une probabilité de 75,5 % d’une réduction de 50 points de base des taux en septembre, contre 40 % la veille.
La Réserve fédérale affirme prendre ses décisions en fonction des données économiques. « Eh bien, voici les données », soulignent les analystes. Elles signalent clairement un affaiblissement du marché du travail. La décision de maintenir les taux hier était donc une occasion manquée. Pour rattraper son retard, la Fed pourrait être contrainte d’agir plus énergiquement qu’elle ne l’avait prévu.
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