Publié le 15 mai 2024. Un adolescent vénézuélien de 17 ans a été condamné à dix ans de prison pour des accusations liées au terrorisme, une décision vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme qui dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
- Un mineur de 17 ans a été condamné à 10 ans de prison au Venezuela pour terrorisme, incitation à la haine et obstruction de la voie publique.
- Le Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques (CLIPP) dénonce une sentence « aberrante et injuste », soulignant l’absence de preuves solides.
- Au Venezuela, 893 prisonniers politiques sont actuellement recensés, dont quatre mineurs, selon le Forum pénal des ONG.
La sentence, prononcée mardi, prévoit six années d’emprisonnement et quatre années de travaux d’intérêt général. Le Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques (CLIPP) a immédiatement dénoncé cette décision, la qualifiant d’« aberrante et injuste ». L’organisation s’inquiète particulièrement du respect des droits fondamentaux des adolescents dans le pays.
Selon le CLIPP, les accusations portées contre le jeune homme reposent sur des bases fragiles. « Il n’existe pas un seul élément de preuve solide » pour étayer les charges de terrorisme, d’incitation à la haine et d’obstruction de la voie publique, affirme l’organisation dans un communiqué publié sur son compte X.
Cette condamnation est perçue comme une violation flagrante du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, un principe fondamental inscrit à l’article 8 de la loi organique pour la protection des enfants et des adolescents du Venezuela. Cette loi stipule que l’État doit prioriser la protection, l’éducation et le développement intégral des mineurs plutôt que leur punition.
Le CLIPP a révélé que l’adolescent, identifié comme un étudiant, un joueur de baseball et un apprenti boulanger, avait été arrêté le 9 janvier, la veille de l’investiture controversée de Nicolás Maduro. Son arrestation a coïncidé avec un appel à la manifestation lancé par l’opposante María Corina Machado, qui encourageait ses partisans à défendre la victoire qu’elle affirme avoir obtenue avec Edmundo González Urrutia – actuellement exilé – lors des élections présidentielles, dont les résultats n’ont pas été officiellement proclamés.
Le comité soutient que la détention du jeune homme était « arbitraire et sans décision judiciaire », basée uniquement sur son apparence et ses vêtements sportifs, qui ont été interprétés comme ceux d’un « guarimbero » (manifestant violent).
Dans un contexte plus large, le Forum pénal des ONG a récemment fait état de la détention de 893 prisonniers politiques au Venezuela, dont 889 adultes et quatre mineurs âgés de 14 à 17 ans. Cependant, le gouvernement vénézuélien et le Bureau du procureur continuent de nier l’existence de prisonniers politiques dans le pays, affirmant que les personnes privées de liberté ont commis des crimes. Ces affirmations sont contestées par de nombreuses ONG et partis d’opposition, qui dénoncent le caractère politique de certains emprisonnements.
