Publié le 15 décembre 2025 10:49:00. World Rugby ne prévoit pas de modifier immédiatement les règles concernant la hauteur des plaquages au niveau professionnel, malgré des résultats encourageants observés dans les compétitions amateurs et un contexte marqué par des inquiétudes croissantes concernant les commotions cérébrales.
- Des essais menés dans 11 fédérations ont montré une diminution de 8 à 10 % des plaquages dangereux au niveau amateur.
- La hauteur légale des plaquages pourrait être abaissée au niveau du sternum (au lieu de l’épaule) dans le jeu amateur à partir de juillet.
- Plus de 1 000 anciens joueurs de rugby ont engagé une action en justice contre les instances dirigeantes, alléguant des lésions cérébrales liées à des commotions répétées.
World Rugby se montre prudente quant à une adaptation rapide des règles au rugby professionnel, soulignant la nécessité d’une évaluation approfondie avant toute modification. Mark Harrington, responsable du bien-être des joueurs et des services de rugby à World Rugby, a déclaré :
« Il est important de souligner qu’à ce stade, nous sommes très, très loin de modifier la loi au niveau élite. »
Mark Harrington, responsable du bien-être des joueurs et des services de rugby à World Rugby
Il a toutefois ajouté que si les tests en cours et les futurs essais confirment des résultats positifs en termes de sécurité des joueurs, de satisfaction des joueurs et d’attrait pour les spectateurs, une adoption de ces nouvelles règles pourrait être envisagée.
Les essais actuels, qui fixent la hauteur légale des plaquages au niveau du sternum, ont déjà montré des effets positifs dans le jeu amateur. World Rugby a constaté une baisse significative du nombre de plaquages dangereux, avec une diminution de 8 à 10 % des plaquages au-dessus de la ligne du sternum. Certaines fédérations ont également signalé une réduction des cas de commotions cérébrales. Ces tests seront poursuivis lors du Championnat du Monde des moins de 20 ans qui se déroulera l’année prochaine en Géorgie.
Cette prudence intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les risques de commotions cérébrales dans le rugby. Plus de 1 000 anciens joueurs ont intenté une action collective contre World Rugby, la Rugby Football Union d’Angleterre et la Welsh Rugby Union, affirmant avoir subi des lésions cérébrales permanentes en raison d’un manque de protection adéquate. Selon le cabinet d’avocats londonien Rylands Garth, les instances dirigeantes « n’ont pas pris de mesures raisonnables pour les protéger des impacts des coups et sous-commotions au cours de leur carrière de joueur, malgré la connaissance des risques ». World Rugby a indiqué qu’elle examinerait attentivement les détails de cette action en justice et qu’elle continuait à mettre en œuvre des initiatives visant à améliorer la sécurité du jeu.
Parmi ces initiatives, on compte l’étude de la hauteur légale des plaquages et l’introduction de technologies innovantes, telles que les protège-dents intelligents, capables de mesurer l’impact des chocs. Brett Robinson, président de World Rugby, a insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre la sécurité des joueurs et le maintien de l’essence même du rugby :
« Nous ne négligerons aucun effort pour rendre le jeu aussi sûr que possible. Cela dit, protéger ce qui fait le rugby, le rugby est une partie essentielle de mon rôle. »
Brett Robinson, président de World Rugby
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