Publié le 16 décembre 2024 10:45. Une hausse de la TVA sur le sport, décidée par le gouvernement fédéral, suscite l’inquiétude des acteurs du secteur qui craignent un impact négatif sur la santé publique et l’accès à l’activité physique pour les Belges.
- La TVA sur les activités sportives va doubler, passant de 6 % à 12 % à partir de début 2026.
- Cette mesure, combinée à une politique de prévention santé sous-financée, est dénoncée comme contre-productive par les représentants du secteur.
- Les organisations sportives craignent une diminution de la pratique sportive, en particulier chez les populations les plus fragiles, et une augmentation des coûts de santé à long terme.
La décision du gouvernement de doubler la TVA sur le sport a provoqué une onde de choc dans le secteur. Pieter Hoof, Jeroen Vanderputte et Farid Kempenaers, représentant plus de 2 millions de sportifs flamands, ont exprimé leur vive préoccupation dans une lettre ouverte, dénonçant une politique qui décourage l’activité physique au moment même où il faudrait investir davantage dans la prévention.
L’augmentation de la TVA ne se limitera pas aux cotisations des clubs sportifs. Elle affectera également les amateurs de fitness, les participants à des événements sportifs et même ceux qui pratiquent une activité physique occasionnelle entre amis. Les acteurs du secteur craignent que cette augmentation des coûts ne dissuade de nombreux Belges de faire de l’exercice, en particulier ceux qui ont déjà des difficultés financières.
Cette mesure intervient dans un contexte où la Belgique consacre seulement 1,8 % de son budget de la santé publique à la prévention, un chiffre bien inférieur à la moyenne de l’OCDE (plus de 3,6 %). Les critiques soulignent que le gouvernement semble privilégier des recettes fiscales à court terme au détriment de la santé de la population à long terme.
Les représentants du secteur sportif mettent en avant les nombreux bénéfices de l’activité physique, tant sur le plan physique que mental et social. Ils rappellent que chaque euro investi dans le sport organisé génère 2,5 euros de retombées économiques pour la société. Les clubs sportifs jouent également un rôle important dans l’inclusion sociale et le bien-être des communautés.
L’ironie de la situation, soulignent les critiques, réside dans le fait que le gouvernement semble favoriser indirectement les habitudes malsaines en rendant le sport plus cher. Ils s’interrogent sur la logique d’une politique qui pénalise ceux qui cherchent à prendre soin de leur santé.
« Nous ne pouvons pas accepter que les générations futures se voient imposer la facture de la santé en raison de décisions court-termistes. »
Pieter Sabot, Directeur général de la Fédération flamande du sport
Les conséquences à long terme de cette politique pourraient être considérables, avec une augmentation des maladies chroniques et des dépenses de santé. Les acteurs du secteur appellent le gouvernement à reconsidérer sa décision et à investir davantage dans la prévention et la promotion de l’activité physique.
Jeroen Vanderputte, directeur du réseau local de politique sportive, et Farid Kempenaers, directeur opérationnel de Fitness.be, se sont joints à Pieter Sabot pour exprimer leur inquiétude et appeler à un changement de cap.