Washington – Le Sénat américain a adopté lundi soir un projet de loi de financement d’urgence, mettant potentiellement fin à la plus longue paralysie du gouvernement de l’histoire des États-Unis. Cette décision, fruit de compromis difficiles, ouvre la voie à la réouverture des services fédéraux et au paiement des 1,4 million d’employés fédéraux affectés par l’arrêt.
Le texte a été approuvé par 60 voix contre 40, grâce au soutien inattendu de huit sénateurs démocrates qui se sont joints à la majorité républicaine. L’accord finance le gouvernement jusqu’à la fin du mois de janvier, offrant un répit temporaire dans un contexte de tensions politiques persistantes.
La sénatrice Susan Collins, une républicaine ayant joué un rôle déterminant dans les négociations, s’est réjouie de cette avancée : « Nous allons rouvrir le gouvernement, et nous allons garantir que les employés fédéraux reçoivent la rémunération qu’ils ont méritée. »
Depuis octobre, de nombreux services gouvernementaux étaient à l’arrêt, entraînant des perturbations importantes. Plus de 2 400 vols ont été annulés et 9 000 autres retardés lundi aux États-Unis, en raison du manque de personnel de sécurité aérienne. Le Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP), qui aide plus de 41 millions d’Américains à faible revenu, était également menacé.
Le projet de loi prévoit le financement complet du ministère de l’Agriculture, ainsi que des fonds pour la construction militaire et les agences législatives. Il garantit également le paiement rétroactif des salaires des employés fédéraux et le maintien du financement du SNAP jusqu’en septembre prochain.
Un point crucial de l’accord est l’engagement d’un vote en décembre sur l’extension des subventions aux soins de santé, une revendication clé des démocrates. Cependant, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a déjà indiqué qu’il ne soumettrait pas cette mesure au vote.
Les négociations ont été menées par John Thune, chef de la majorité sénatoriale, et la Maison Blanche, avec la participation des sénatrices Jeanne Shaheen et Maggie Hassan, ainsi que d’Angus King, un indépendant proche des démocrates.
Certains démocrates de premier plan ont exprimé leur mécontentement face à ce compromis, estimant qu’il ne garantit pas suffisamment de protections pour les programmes de soins de santé. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a qualifié la décision de ses collègues de « pathétique ». Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a déclaré que l’accord « ne résout en rien la crise des soins de santé aux États-Unis ».
Le sénateur Tim Kaine, l’un des démocrates ayant voté en faveur de l’accord, a défendu son choix, affirmant que les employés fédéraux qu’il représente lui avaient exprimé leur gratitude.
Le projet de loi doit maintenant être adopté par la Chambre des représentants, où les républicains disposent d’une majorité étroite de deux sièges. Les débats devraient débuter mercredi, mais la durée du processus reste incertaine. Le président Donald Trump a quant à lui déclaré qu’il serait prêt à signer le texte s’il était adopté par la Chambre, affirmant : « Nous allons ouvrir notre pays très rapidement. »