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Le Sénat avance une résolution sur les pouvoirs de guerre pour freiner Trump sur le Venezuela

Le Sénat américain a limité jeudi les prérogatives de l'exécutif en matière de politique étrangère, adoptant une résolution qui encadre strictement le recours à la force militaire au Venezuela. Cette décision, rare en son genre, intervient après des…

Le Sénat avance une résolution sur les pouvoirs de guerre pour freiner Trump sur le Venezuela

Le Sénat américain a limité jeudi les prérogatives de l’exécutif en matière de politique étrangère, adoptant une résolution qui encadre strictement le recours à la force militaire au Venezuela. Cette décision, rare en son genre, intervient après des déclarations du président Trump laissant entrevoir une intervention potentielle dans ce pays.

La résolution, adoptée par 52 voix contre 47, exige que le Congrès autorise explicitement toute action militaire américaine à l’intérieur ou contre le Venezuela. Bien qu’elle ne soit pas encore adoptée définitivement – elle doit encore être approuvée par la Chambre des représentants et promulguée par le président – elle marque un coup d’arrêt symbolique à la marge de manœuvre de l’administration Trump.

Cinq sénateurs républicains – Rand Paul, Lisa Murkowski, Todd Young, Susan Collins et Josh Hawley – se sont joints à l’ensemble des démocrates pour faire avancer le texte. Le sénateur démocrate Tim Kaine, membre de la commission sénatoriale des forces armées, avait plaidé avec insistance pour un vote rapide, soulignant les risques d’une escalade incontrôlée. « Où cela nous mènera-t-il ensuite ? Le président déploiera-t-il nos troupes pour protéger les manifestants iraniens ? Pour faire respecter le fragile cessez-le-feu à Gaza ? Pour combattre les terroristes au Nigeria ? Pour s’emparer du Groenland ou du canal de Panama ? Pour réprimer les rassemblements pacifiques des Américains pour protester contre sa politique ? » s’est interrogé Kaine dans un communiqué publié le 3 janvier.

La Maison Blanche s’oppose « fermement » à cette résolution, arguant que les actions du régime de Nicolás Maduro constituent une menace pour la sécurité nationale américaine. Un mémo du Bureau de la gestion et du budget, obtenu par ABC News, souligne que les « crimes de Maduro et d’autres actions hostiles ont entraîné une incursion prédatrice aux États-Unis, la déstabilisation de l’hémisphère occidental, des morts et des souffrances humaines massives, ainsi qu’un danger substantiel et permanent pour notre nation ». L’administration Trump envisage donc de mettre son veto à la résolution si elle est adoptée par le Congrès.

Donald Trump a réagi avec virulence au vote, critiquant les sénateurs républicains qui ont soutenu la résolution. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré qu’ils « devraient avoir honte » et qu’ils « ne seraient plus jamais élus ». Il a dénoncé un vote qui « entrave grandement l’autodéfense américaine et la sécurité nationale, entravant l’autorité du président en tant que commandant en chef ».

Cette initiative s’inscrit dans un débat plus large sur la répartition des pouvoirs entre le Congrès et le président en matière de politique étrangère et de recours à la force. La Constitution américaine confère au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, tout en désignant le président comme commandant en chef de l’armée. Au cours des dernières décennies, plusieurs présidents ont pris des initiatives militaires sans obtenir l’approbation préalable du Congrès.

L’administration Trump avait initialement présenté l’opération au Venezuela comme une action de maintien de l’ordre facilitée par l’armée, affirmant que les États-Unis ne se trouvaient pas en guerre contre le Venezuela, mais qu’ils « dirigeraient » le pays pour une durée indéterminée. Certains républicains qui ont voté en faveur de la résolution ont souligné qu’ils soutenaient l’opération initiale visant à capturer Nicolás Maduro, mais qu’ils s’opposaient à un engagement militaire plus large sans l’aval du Congrès. « Avec Maduro capturé à juste titre, les circonstances ont maintenant changé », a déclaré Susan Collins dans un communiqué. « Même si je soutiens l’opération visant à capturer Nicolas Maduro, qui était extraordinaire par sa précision et sa complexité, je ne soutiens pas l’engagement de forces américaines supplémentaires ni une participation militaire à long terme au Venezuela ou au Groenland sans autorisation spécifique du Congrès. »

Le whip de la majorité sénatoriale, John Barrasso, avait quant à lui exhorté les sénateurs à rejeter la résolution, affirmant qu’elle « affaiblirait l’autorité constitutionnelle légitime du président » et qu’elle enverrait « un mauvais message aux trafiquants de drogue endurcis et aux dictateurs ».

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.