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Le sort de l’Ukraine et l’avenir de la Belgique sont entre les mains d’un seul homme

By: Amélie Bernard

On: jeudi, décembre 18, 2025 3:51 AM

Publié le 18 décembre 2025 à 03h00. L’Union européenne se trouve face à un dilemme majeur concernant le financement continu de l’Ukraine, la Belgique jouant un rôle clé dans les négociations autour d’un mécanisme inédit basé sur les avoirs russes gelés.

  • L’UE envisage de mobiliser au moins 90 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine en 2026 et 2027, face au désengagement financier des États-Unis.
  • Un plan de « prêt de réparation », utilisant les avoirs russes gelés, est au cœur des discussions, suscitant des inquiétudes juridiques en Belgique.
  • Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a négocié des garanties pour son pays, conditionnant son soutien à l’approbation de ce mécanisme.

Bruxelles est à la croisée des chemins. Alors que l’aide financière américaine à l’Ukraine s’amenuise, l’Union européenne doit trouver des solutions pour maintenir son soutien à Kiev. Un mécanisme innovant, baptisé « prêt de réparation », est sur la table, mais sa mise en œuvre se heurte à des obstacles, notamment les réticences de la Belgique.

Ce plan repose sur l’utilisation des avoirs de la Banque centrale russe, gelés en Europe depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Ces actifs seraient transférés à la Commission européenne (CE), qui accorderait ensuite un prêt sans intérêt à l’Ukraine. Le remboursement de ce prêt serait conditionné à la fin du conflit et au versement par la Russie d’indemnités de réparation à Kiev. La CE débloquerait alors les avoirs russes une fois ces réparations effectuées.

Ce mécanisme ne s’apparente pas à une confiscation des avoirs russes, mais plutôt à un prêt garanti par ces actifs. Comme l’explique l’analogie bancaire, le solde du compte russe resterait inchangé, l’opération consistant simplement à utiliser ces fonds comme garantie.

La plupart des grands États membres de l’UE soutiennent ce projet, mais la Belgique, où se trouve Euroclear, l’institution financière détenant les avoirs russes, exprimait initialement des réserves. Le pays craignait de se retrouver seul responsable du remboursement de la somme en cas de contestation juridique de la Russie. Cependant, le Premier ministre belge, Bart De Wever, a négocié un ensemble de protections pour son pays, qui entreront en vigueur si le programme de prêt est approuvé cette semaine.

Le véritable enjeu réside dans le fait que les risques juridiques ont déjà été pris, dès vendredi dernier, lorsque l’UE a décidé de geler indéfiniment les avoirs russes en attendant le versement d’indemnités à l’Ukraine. L’adoption de la seconde partie du programme, qualifiée à tort de confiscation par Moscou, n’ajouterait aucun risque supplémentaire pour la Belgique ou tout autre pays. Il s’agit d’une opération interne à l’UE, consistant à échanger des obligations contre des liquidités auprès des banques européennes pour financer l’Ukraine.

Aucun recours juridique ne serait possible contre cette opération, car elle n’affecterait pas les soldes des comptes bancaires et ne mettrait pas en péril la solvabilité des banques. Seul le financement de l’Ukraine serait concerné. Par conséquent, la mise en œuvre du plan de réparation ne conférerait pas à la Russie de nouveaux droits d’action. En revanche, son échec serait désastreux pour l’Ukraine, dangereux pour la sécurité européenne et potentiellement dévastateur pour la Belgique et Euroclear.

Selon les experts, le scénario le plus défavorable serait l’abandon du programme de prêt. La Belgique se retrouverait alors à assumer seule les risques juridiques, sans bénéficier du soutien protecteur du reste de l’UE. Bart De Wever a réussi à négocier les garanties dont la Belgique a besoin et mérite. Reste à savoir s’il saura conclure l’accord et devenir un héros pour son pays, l’UE et l’Ukraine.

Sir William Browder KCMG est un financier britannique d’origine américaine, ancien dirigeant du plus grand fonds d’investissement étranger en Russie. Il a été déclaré persona non grata en Russie en 2005 et expulsé vers le Royaume-Uni.

Jamison Firestone est un avocat américain, cofondateur du cabinet Firestone Duncan à Moscou en 1993. Il a fui la Russie en août 2009 après l’arrestation de son associé, Sergueï Magnitski, décédé en prison après onze mois de détention sans procès. (Cet article de Bill Browder et Jamison Firestone a été rédigé en collaboration avec telegraph.co.uk)

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Le sort de l’Ukraine et l’avenir de la Belgique sont entre les mains d’un seul homme

Publié le 18 décembre 2025 à 03h00. L'Union européenne se trouve face à un dilemme majeur concernant le financement continu de l'Ukraine, la Belgique jouant un rôle clé dans les négociations autour d'un mécanisme inédit basé sur les…

Le sort de l’Ukraine et l’avenir de la Belgique sont entre les mains d’un seul homme

Publié le 18 décembre 2025 à 03h00. L’Union européenne se trouve face à un dilemme majeur concernant le financement continu de l’Ukraine, la Belgique jouant un rôle clé dans les négociations autour d’un mécanisme inédit basé sur les avoirs russes gelés.

  • L’UE envisage de mobiliser au moins 90 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine en 2026 et 2027, face au désengagement financier des États-Unis.
  • Un plan de « prêt de réparation », utilisant les avoirs russes gelés, est au cœur des discussions, suscitant des inquiétudes juridiques en Belgique.
  • Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a négocié des garanties pour son pays, conditionnant son soutien à l’approbation de ce mécanisme.

Bruxelles est à la croisée des chemins. Alors que l’aide financière américaine à l’Ukraine s’amenuise, l’Union européenne doit trouver des solutions pour maintenir son soutien à Kiev. Un mécanisme innovant, baptisé « prêt de réparation », est sur la table, mais sa mise en œuvre se heurte à des obstacles, notamment les réticences de la Belgique.

Ce plan repose sur l’utilisation des avoirs de la Banque centrale russe, gelés en Europe depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Ces actifs seraient transférés à la Commission européenne (CE), qui accorderait ensuite un prêt sans intérêt à l’Ukraine. Le remboursement de ce prêt serait conditionné à la fin du conflit et au versement par la Russie d’indemnités de réparation à Kiev. La CE débloquerait alors les avoirs russes une fois ces réparations effectuées.

Ce mécanisme ne s’apparente pas à une confiscation des avoirs russes, mais plutôt à un prêt garanti par ces actifs. Comme l’explique l’analogie bancaire, le solde du compte russe resterait inchangé, l’opération consistant simplement à utiliser ces fonds comme garantie.

La plupart des grands États membres de l’UE soutiennent ce projet, mais la Belgique, où se trouve Euroclear, l’institution financière détenant les avoirs russes, exprimait initialement des réserves. Le pays craignait de se retrouver seul responsable du remboursement de la somme en cas de contestation juridique de la Russie. Cependant, le Premier ministre belge, Bart De Wever, a négocié un ensemble de protections pour son pays, qui entreront en vigueur si le programme de prêt est approuvé cette semaine.

Le véritable enjeu réside dans le fait que les risques juridiques ont déjà été pris, dès vendredi dernier, lorsque l’UE a décidé de geler indéfiniment les avoirs russes en attendant le versement d’indemnités à l’Ukraine. L’adoption de la seconde partie du programme, qualifiée à tort de confiscation par Moscou, n’ajouterait aucun risque supplémentaire pour la Belgique ou tout autre pays. Il s’agit d’une opération interne à l’UE, consistant à échanger des obligations contre des liquidités auprès des banques européennes pour financer l’Ukraine.

Aucun recours juridique ne serait possible contre cette opération, car elle n’affecterait pas les soldes des comptes bancaires et ne mettrait pas en péril la solvabilité des banques. Seul le financement de l’Ukraine serait concerné. Par conséquent, la mise en œuvre du plan de réparation ne conférerait pas à la Russie de nouveaux droits d’action. En revanche, son échec serait désastreux pour l’Ukraine, dangereux pour la sécurité européenne et potentiellement dévastateur pour la Belgique et Euroclear.

Selon les experts, le scénario le plus défavorable serait l’abandon du programme de prêt. La Belgique se retrouverait alors à assumer seule les risques juridiques, sans bénéficier du soutien protecteur du reste de l’UE. Bart De Wever a réussi à négocier les garanties dont la Belgique a besoin et mérite. Reste à savoir s’il saura conclure l’accord et devenir un héros pour son pays, l’UE et l’Ukraine.

Sir William Browder KCMG est un financier britannique d’origine américaine, ancien dirigeant du plus grand fonds d’investissement étranger en Russie. Il a été déclaré persona non grata en Russie en 2005 et expulsé vers le Royaume-Uni.

Jamison Firestone est un avocat américain, cofondateur du cabinet Firestone Duncan à Moscou en 1993. Il a fui la Russie en août 2009 après l’arrestation de son associé, Sergueï Magnitski, décédé en prison après onze mois de détention sans procès. (Cet article de Bill Browder et Jamison Firestone a été rédigé en collaboration avec telegraph.co.uk)

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.