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Le succès des doubles en Amérique latine montre la meilleure voie vers le tennis du Grand Chelem

Publié le 26 décembre 2025 à 15h01. Alors que le tennis latino-américain peine à percer au plus haut niveau en simple, le double s'impose comme une voie de succès réaliste et de plus en plus empruntée, illustrée par…

Le succès des doubles en Amérique latine montre la meilleure voie vers le tennis du Grand Chelem

Publié le 26 décembre 2025 à 15h01. Alors que le tennis latino-américain peine à percer au plus haut niveau en simple, le double s’impose comme une voie de succès réaliste et de plus en plus empruntée, illustrée par les performances récentes de joueurs comme Marcelo Arévalo et l’équipe Granollers-Zeballos.

  • Le double offre une alternative viable pour les joueurs latino-américains, moins dépendante du talent individuel exceptionnel et plus adaptée aux réalités économiques du circuit professionnel.
  • Le Salvadorien Marcelo Arévalo, premier joueur d’Amérique centrale à remporter un titre à Roland-Garros, est devenu un modèle pour la région.
  • Une stratégie axée sur le double pourrait stimuler le développement du tennis en Amérique centrale, en misant sur les forces culturelles locales et en réduisant les coûts liés aux déplacements.

Le tennis masculin latino-américain a trouvé une voie royale vers les sommets, et elle ne passe pas forcément par le simple. C’est par le double que la région s’illustre de plus en plus, en accumulant les titres du Grand Chelem, les trophées des Masters et les premières places au classement mondial. Cette tendance est d’autant plus notable que les résultats en simple restent plus rares.

Pour les pays d’Amérique centrale, et notamment le Costa Rica, le succès en double n’est pas une consolation, mais une opportunité concrète. Il s’agit d’une voie plus accessible, moins dépendante de l’émergence d’un prodige unique, et mieux alignée sur la culture du club et les contraintes financières de la vie sur le circuit.

Une preuve de concept centraméricaine

L’exemple le plus frappant est sans doute celui de Marcelo Arévalo, joueur salvadorien, ancien numéro 1 mondial en double ATP et double vainqueur à Roland-Garros (2022 et 2024). Son parcours résonne particulièrement en Amérique centrale, car il démontre qu’il est possible de s’élever au sommet, même en venant d’un pays où les infrastructures et les moyens sont limités.

Pour le Costa Rica, où la pratique du tennis est populaire mais où le nombre de joueurs professionnels reste faible, Arévalo représente une preuve tangible qu’il est possible de réussir dans cette discipline, à condition de choisir la bonne voie.

Les résultats en double en Amérique latine ne sont pas le fruit du hasard

Cette année a confirmé la force du tennis sud-américain en double. L’Espagnol Marcel Granollers et l’Argentin Horacio Zeballos ont remporté le titre masculin de Roland-Garros 2025, avant de s’imposer également à l’US Open 2025, réalisant ainsi un doublé Grand Chelem en une seule saison. Cette performance souligne la solidité et la durabilité des meilleures équipes de double. Le double a son propre rythme, et pour les duos qui fonctionnent, il peut être moins sujet aux aléas que le simple : moins de « mauvais matchs » sur un tournoi de deux semaines et moins de pression sur un seul joueur pour remporter sept rencontres.

Pourquoi le double est un pari plus intelligent pour de nombreux joueurs latins

Pour les joueurs professionnels de niveau intermédiaire, le calcul est implacable. Les frais de déplacement ne diminuent pas avec le classement. Les gains des premiers tours ne couvrent souvent pas les dépenses liées aux vols, à l’hébergement, à l’entraînement et aux soins, en particulier pour les joueurs basés loin des principaux centres européens et nord-américains du circuit. Le double ne supprime pas ces coûts, mais il modifie l’équation :

  • Deux joueurs partagent les frais de voyage et, souvent, les coûts liés à l’encadrement.
  • Les spécialistes du double peuvent construire une carrière sur la base de points gagnés régulièrement, plutôt que de compter sur des coups d’éclat en simple.
  • Cette discipline récompense des compétences qui peuvent être développées : placement au service, schémas de retour, instinct au filet, communication et jeu arrêté.

Ce dernier point est crucial pour le Costa Rica et l’Amérique centrale. Le double met l’accent sur les schémas de jeu, la prise de décision sous pression et la capacité à former un partenariat – moins sur la puissance brute et le talent « génétique » exceptionnel.

La connexion « Club Tennis » que le Costa Rica a déjà

Au Costa Rica, la plupart des rencontres de tennis chez les adultes se jouent en double. Ce n’est pas un défaut, mais un atout culturel. Les joueurs y apprennent dès leur plus jeune âge le positionnement, les réflexes, l’agressivité contrôlée, le travail d’équipe et l’importance du service tout en protégeant les angles. En somme, le Costa Rica cultive déjà le type de joueur qui excelle en double – à condition de lui offrir rapidement un accès à la compétition internationale pour maîtriser le rythme du circuit professionnel.

À quoi peut ressembler le pipeline : Barrientos en tant que modèle professionnel fonctionnel

Tous les parcours ne doivent pas nécessairement se terminer par un titre du Grand Chelem. Le Colombien Nicolás Barrientos propose un modèle de carrière durable en double. Il a atteint le 47e rang mondial en double et a prospéré sur le circuit Challenger, tout en remportant des titres ATP, dont l’Open de Rio 2024 avec Rafael Matos.

C’est important, car l’Amérique centrale a besoin de plus que de simples « héros » isolés. Elle a besoin d’une classe moyenne de professionnels capables de durer sur le circuit, de gagner régulièrement et, éventuellement, de se qualifier pour les tableaux principaux des tournois les plus prestigieux.

Quelles seraient les priorités d’une stratégie centraméricaine axée sur le double-premier ?

Si le Costa Rica ou l’isthme plus largement souhaitait tirer parti du double comme voie la plus rapide vers la reconnaissance internationale, les éléments clés seraient les suivants :

  1. Densité des tournois à domicile et à proximité : davantage d’événements de double de niveau ITF et Challenger dans la région pour réduire les frais de déplacement et augmenter le nombre de matchs.
  2. Première expérience de jumelage international : le double exige une bonne compréhension du partenariat. Encourager les jeunes joueurs à voyager et à concourir ensemble accélère l’apprentissage de la communication et des tactiques.
  3. Développement du service et du retour comme priorité nationale : le double est un jeu de service-retour. L’entraînement doit mettre l’accent sur les schémas de premier service, le positionnement au retour et les réflexes au filet.
  4. Stabilité du partenariat : les équipes gagnantes des tournois majeurs construisent une alchimie au fil du temps. Granollers et Zeballos n’ont pas remporté de Grand Chelem en changeant fréquemment de partenaire.
  5. Un discours public réaliste : si les fédérations et les sponsors considèrent le double comme une discipline secondaire, les joueurs le percevront également ainsi. Le succès d’Arévalo prouve le contraire.

Pourquoi c’est important au-delà du sport : visibilité, tourisme et identité

Une équipe latino-américaine de double atteignant le dernier week-end d’un Grand Chelem maintient la région sous les projecteurs médiatiques internationaux. Cela mobilise les communautés de la diaspora – les Centraméricains vivant à l’étranger cherchant un point de ralliement et une raison de suivre le tennis. Cela stimule également le tourisme. Les fans de tennis planifient leurs voyages autour des tournois majeurs, et le succès latino-américain augmente la demande de stages, d’académies, de programmes juniors et de forfaits « voyage + entraînement ». Une star du double d’Amérique centrale contribue à forger une image de marque régionale, ce que le simple ne parvient pas à faire actuellement.

Le simple reste le moteur économique du tennis, mais pour l’Amérique latine – et en particulier l’Amérique centrale – le double offre la voie la plus pragmatique et la plus éprouvée vers une visibilité durable au plus haut niveau. Arévalo a montré le potentiel de la région. Granollers et Zeballos ont démontré que les équipes latino-américaines peuvent dominer une saison de Grand Chelem.

Pour le Costa Rica, la question n’est pas de savoir si le double « compte ». Il s’agit de savoir si la région est prête à l’adopter comme la stratégie la plus intelligente pour l’avenir.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.