Un tribunal fédéral a bloqué mardi la nouvelle carte électorale du Texas, jugée discriminatoire envers les minorités. Cette décision intervient alors que l’ancien président Donald Trump pousse les législateurs républicains à remodeler les circonscriptions pour consolider la majorité de son parti au Congrès.
À retenir
- Un tribunal a invalidé la carte de redécoupage du Texas, estimant qu’elle avait été conçue pour diluer le pouvoir de vote des électeurs noirs et latino-américains.
- Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a annoncé qu’il ferait appel de cette décision devant la Cour suprême.
- Cette affaire s’inscrit dans un contexte national de lutte pour le contrôle des cartes électorales, orchestrée par Donald Trump en vue des élections de 2026.
Un panel de trois juges a placé un blocage temporaire sur la carte adoptée cet été par les législateurs républicains, ordonnant à l’État de revenir aux cartes utilisées lors des deux précédentes élections. La majorité des juges a estimé que la nouvelle carte avait été délibérément modifiée pour favoriser les républicains, en inversant potentiellement jusqu’à cinq sièges détenus par les démocrates à la Chambre des représentants.
« Il est certain que la politique a joué un rôle dans l’élaboration de la carte de 2025. Mais il s’agissait de bien plus que de la politique. Des preuves substantielles démontrent que le Texas a procédé à un découpage racial de la carte de 2025 », ont écrit les juges dans leur décision.
Le gouverneur Abbott a immédiatement réagi en annonçant un appel devant la Cour suprême. « Toute affirmation selon laquelle ces cartes seraient discriminatoires est absurde et non étayée par les témoignages présentés au cours des dix jours d’audience », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a dénoncé une « atteinte à l’autorité que la Constitution américaine attribue au Parlement du Texas ».
Le procureur général du Texas, Ken Paxton, qui brigue un siège au Sénat américain, a également annoncé son intention de faire appel, qualifiant la carte de « parfaitement légale ».
Les démocrates ont salué la décision du tribunal. La députée Lizzie Fletcher a déclaré : « La race a toujours été un facteur déterminant pour rendre la tâche plus difficile aux Texans issus de minorités. Cette carte a été dessinée pour qu’il leur soit plus difficile d’avoir un impact sur les élections. »
Contexte
Le processus de redécoupage, qui intervient tous les dix ans après la publication des données du recensement national, est crucial car il détermine la répartition du pouvoir politique pour la décennie à venir. Au Texas, les législateurs républicains ont profité de leur forte majorité à l’Assemblée législative pour adopter une carte favorisant leur parti. Ce processus a été marqué par une tentative de blocage de la part des élus démocrates, qui ont quitté l’État pendant plus de deux semaines pour empêcher un vote. Ils ont dénoncé une volonté d’affaiblir le pouvoir de vote des communautés latino-américaines et noires.
Ce qui change
À court terme, le Texas devra utiliser les cartes de district des deux dernières élections. À plus long terme, l’issue de l’appel devant la Cour suprême déterminera si la nouvelle carte sera finalement validée ou définitivement invalidée. Cette décision pourrait avoir des conséquences significatives sur la composition de la délégation texane au Congrès lors des élections de 2026.
Prochaines étapes
L’affaire sera désormais portée devant la Cour suprême, où les arguments des deux parties seront examinés. La date d’une éventuelle audience n’a pas encore été fixée. Par ailleurs, d’autres États connaissent également des batailles juridiques concernant le redécoupage, notamment en Californie, où une initiative visant à aider les démocrates à gagner des sièges a été approuvée par les électeurs.
L’avis de 160 pages a été rédigé par le juge Jeffrey V. Brown, nommé par Donald Trump. Il s’appuie sur des contradictions dans les déclarations des législateurs républicains lors de l’adoption des cartes, ainsi que sur une lettre du ministère de la Justice critiquant les districts à population majoritairement non blanche.