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Le Théâtre Belcourt prospère grâce aux films artistiques étrangers et aux docus

Publié le 9 novembre 2025 19:03:00. Le cinéma Belcourt de Nashville, véritable institution culturelle, célèbre cette année son centenaire après avoir frôlé la disparition à plusieurs reprises, témoignant de la résilience de l'art et de l'essai face aux…

Le Théâtre Belcourt prospère grâce aux films artistiques étrangers et aux docus

Publié le 9 novembre 2025 19:03:00. Le cinéma Belcourt de Nashville, véritable institution culturelle, célèbre cette année son centenaire après avoir frôlé la disparition à plusieurs reprises, témoignant de la résilience de l’art et de l’essai face aux défis économiques et sanitaires.

  • Le Belcourt a été sauvé de la faillite grâce à une transformation en organisme à but non lucratif et à l’engagement de la communauté locale.
  • Aujourd’hui, le cinéma compte 8 000 membres et une liste de diffusion de 60 000 abonnés, attirant même des célébrités.
  • L’établissement a su s’adapter aux crises, notamment en se transformant en ciné-parc pendant la pandémie de COVID-19.

Au début des années 2000, le Théâtre Belcourt était au plus bas. Des infiltrations d’eau endommageaient le toit, la façade se délabrait et le nombre de membres avait chuté à seulement 300. L’avenir du cinéma, inauguré en 1925, semblait compromis. Pourtant, les cinéphiles de Nashville se sont mobilisés, transformant le Belcourt en une organisation à but non lucratif et lui assurant une seconde vie.

« Le mythe du théâtre mourant n’est jamais la vérité », affirme Stephanie Silverman, directrice générale du Belcourt. « C’est une expérience communautaire. Nous avons tous une cuisine, mais nous allons toujours au restaurant. L’adaptation est le seul moyen de survivre. »

Au fil des décennies, le Belcourt a résisté aux intempéries, aux changements technologiques, aux difficultés financières et même à une pandémie mondiale. Il a connu des périodes de déclin, mais a toujours été relevé par la passion de ceux qui croient en son importance.

L’histoire du Belcourt est aussi marquée par quelques mystères. Une légende locale raconte que le cinéma est hanté par l’esprit d’un employé décédé peu après l’ouverture en 1925. Certains visiteurs affirment avoir aperçu une silhouette féminine errant dans les salles. Teddy Minton, historien public et archiviste du Belcourt, explique : « Au fil des années, les gens ont vu une silhouette féminine errer dans la salle comme si elle travaillait ici. »

Initialement nommé Hillsboro Theatre, l’établissement a connu plusieurs incarnations. Après une période de projections de films muets, il a accueilli des productions théâtrales communautaires et des émissions de radio du Grand Ole Opry de 1934 à 1936, mettant en vedette des artistes country tels que DeFord Bailey et Oncle Dave Macon. Il a ensuite été transformé en un cinéma à prix réduits dans les années 1960, diffusant des films de genre populaires, notamment des « Hick Flicks » mettant en scène de la musique country.

En 1968, le Belcourt est devenu le premier cinéma à deux salles du Tennessee, un concept révolutionnaire pour l’époque. Dans les années 1970, il a attiré l’attention en projetant des films controversés comme « Le Dernier Tango à Paris » de Marlon Brando, après une décision de la Cour suprême des États-Unis qui a confirmé qu’il ne s’agissait pas de pornographie. Des centaines de personnes ont fait la queue pour assister à la première projection en juillet 1973.

Les années 1990 ont été difficiles pour le Belcourt, avec des problèmes de maintenance et des violations du code de la construction. Cependant, en 1999, un groupe communautaire, BelcourtYES!, s’est formé pour sauver le cinéma. Tom Wills, un historien du cinéma et philanthrope, a investi toutes ses économies pour acheter le bâtiment. Des concerts et des dons ont permis de collecter des fonds pour les réparations.

En 2007, Stephanie Silverman a pris la direction du Belcourt et a supervisé une rénovation complète. L’établissement a retrouvé son lustre d’antan et a continué à proposer une programmation éclectique de films d’art et d’essai. Le film « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson, sorti en 2012, a marqué un tournant, attirant un large public et renforçant la réputation du Belcourt.

La pandémie de COVID-19 a représenté un nouveau défi pour le Belcourt. Fermé au public, le cinéma a dû se réinventer en se transformant en ciné-parc, projetant des films sur un grand écran dans le parking. Cette initiative a permis de maintenir le cinéma à flot et de préserver les emplois.

Malgré les difficultés, le Belcourt a continué à prospérer. Le documentaire « Won’t You Be My Neighbour ? », sur la vie de Mister Rogers, a attiré un public record en 2016, faisant du Belcourt le troisième cinéma le plus rentable du pays. Des personnalités telles que Priscilla Presley, Margot Price, Nicole Kidman, Emmylou Harris et John Prine ont également fréquenté le Belcourt.

Aujourd’hui, le Belcourt propose deux grandes salles de cinéma, nommées en hommage aux années charnières de son histoire, 1925 et 1966, ainsi qu’une petite salle de projection et un espace de formation. L’établissement est fier de son pop-corn frais, de ses bières artisanales et de son système de projection 35 mm, qui permet de projeter des films sur pellicule.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.