Home AffairesLe travail proposé par la main-d’œuvre «mûr» pour la contestation de la Haute Cour, dit un expert juridique | Liberté d’information

Le travail proposé par la main-d’œuvre «mûr» pour la contestation de la Haute Cour, dit un expert juridique | Liberté d’information

by Amélie Bernard

Publié le 28 septembre 2025 à 11h46. Une proposition gouvernementale visant à renforcer le secret des documents administratifs est contestée par des experts juridiques, qui y voient une atteinte potentielle à la liberté d’expression politique et une remise en question des recommandations issues de l’enquête sur le scandale Robodebt.

  • Un professeur de droit constitutionnel estime que la réforme pourrait être inconstitutionnelle en restreignant de manière disproportionnée l’accès aux documents gouvernementaux.
  • L’ancien sénateur Rex Patrick se dit prêt à soutenir un recours juridique pour contester la loi.
  • Les critiques dénoncent un recul de la transparence et s’inquiètent de l’impact sur le débat public.

Le gouvernement australien est sous le feu des critiques pour un projet de loi modifiant les règles d’accès aux informations publiques. La proposition, qui vise officiellement à lutter contre les demandes abusives et celles générées par l’intelligence artificielle, pourrait, selon des experts, avoir des conséquences profondes sur la transparence de l’action gouvernementale et les libertés fondamentales.

Actuellement, la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act 1982) permet de refuser l’accès à certains documents s’ils sont destinés à être présentés au Cabinet ou à informer un ministre dans le cadre de discussions gouvernementales. Le projet de loi en cours de discussion élargit considérablement ce champ d’exception. Il stipule désormais qu’un document peut être gardé secret si son « objectif substantiel » était de préparer une discussion au sein du Cabinet ou simplement d’informer un ministre sur des questions qui pourraient y être abordées.

Selon Luke Beck, professeur de droit constitutionnel à l’Université Monash, cette modification ouvre la porte à une classification excessive de documents comme confidentiels et à une restriction de l’accès du public à des informations essentielles.

« Étant donné que la Commission royale de Robodebt a recommandé de réduire ces exemptions, et que le gouvernement fonctionne parfaitement avec le cadre actuel, cet élargissement me semble particulièrement susceptible de faire l’objet d’un contentieux constitutionnel. »

Luke Beck, professeur de droit constitutionnel à l’Université Monash

L’inquiétude porte notamment sur le risque d’atteinte à la liberté d’expression politique, un droit implicitement reconnu par la Haute Cour australienne. Le professeur Beck souligne que toute loi limitant la capacité des citoyens à débattre des questions politiques doit être justifiée et proportionnée.

« Toute loi qui réduit la capacité des gens à s’engager dans des discussions sur les questions politiques ou gouvernementales doit être proportionnée à un objectif légitime. Et si ce n’est pas le cas, alors la législation ne sera pas valide. »

Luke Beck, professeur de droit constitutionnel à l’Université Monash

Il estime que le gouvernement n’a pas suffisamment justifié la nécessité d’une telle réforme.

L’ancien sénateur Rex Patrick, devenu militant pour la transparence gouvernementale, partage cette analyse. Il met en garde contre les conséquences d’un accès limité aux informations concernant les décisions prises par le Cabinet.

« Il est honteux qu’un Premier ministre qui, en opposition, se soit fortement prononcé en faveur de la transparence, tente d’envelopper une couverture de secret sur tout ce qui est fait aux niveaux de gouvernement supérieur. »

Rex Patrick, ancien sénateur et militant pour la transparence

Il se déclare prêt à lancer un recours judiciaire si la loi est adoptée, affirmant que l’accès à l’information est essentiel à la participation démocratique.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de faire face à un nombre croissant de demandes d’accès à l’information jugées abusives ou générées par l’intelligence artificielle, qui mobilisent inutilement les ressources administratives. Cependant, cette explication ne convainc pas les opposants, qui dénoncent une « taxe sur la vérité » en raison de l’introduction prévue de frais pour les demandes d’accès à l’information. Ni la coalition conservatrice, ni les Verts n’ont pour l’instant exprimé leur soutien au projet de loi.

Par ailleurs, les critiques s’inquiètent d’un autre amendement qui rendrait plus difficile l’accès aux documents relatifs aux « délibérations » du Cabinet, y compris les conseils fournis par les fonctionnaires. Selon Rex Patrick, cela empêcherait le public d’accéder à des informations cruciales sur les décisions gouvernementales.

Contactée, la procureure générale Michelle Rowland a déclaré que le gouvernement australien avait introduit cette législation afin de renforcer la loi de 1982 sur la liberté de l’information et de garantir que le cadre FOI fonctionne dans l’intérêt de tous les Australiens.

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