Publié le 22 décembre 2025 à 02:05:00. Une escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela est observée après la saisie de pétroliers par Washington, accusé par Caracas de « piraterie ». Malgré cela, un navire de Chevron transportant du pétrole vénézuélien a quitté le pays, selon le gouvernement de Caracas.
- Le gouvernement vénézuélien a annoncé le départ d’un navire de Chevron chargé de pétrole brut en direction des États-Unis.
- Les États-Unis ont confisqué deux pétroliers et tentent d’en intercepter un troisième, dans le cadre d’une opération visant à lutter contre le trafic de pétrole vénézuélien.
- Caracas dénonce ces saisies comme un acte de « piraterie » et promet de prendre « toutes les actions appropriées ».
La tension monte entre le Venezuela et les États-Unis suite à une série de confiscations de pétroliers par Washington. Le gouvernement vénézuélien a annoncé dimanche le départ du navire Canopus Voyager, affrété par la compagnie américaine Chevron, avec une cargaison de pétrole brut à destination des États-Unis. Cette annonce, faite par la vice-présidente et ministre des Hydrocarbures, Delcy Rodríguez, sur sa chaîne Telegram, souligne le respect des « règles et des engagements » pris par l’industrie pétrolière vénézuélienne.
Malgré les sanctions américaines, Chevron continue d’opérer au Venezuela en partenariat avec la société publique PDVSA, grâce à une licence spéciale du département du Trésor américain. Cette licence l’exonère des sanctions imposées sur le pétrole brut vénézuélien. Delcy Rodríguez a affirmé :
« Le Venezuela a toujours été et continuera d’être respectueux de la légalité nationale et internationale. Rien ni personne n’arrêtera notre pays sur la voie du progrès et de la victoire ! »
Delcy Rodríguez, vice-présidente et ministre des Hydrocarbures
Ces événements interviennent après la confiscation, samedi, du pétrolier Centuries, battant pavillon panaméen, par la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. La Maison Blanche a qualifié ce navire de « faux pavillon », l’intégrant dans le programme visant à démanteler ce qu’elle appelle une « flotte fantôme vénézuélienne » utilisée pour le trafic de pétrole volé et le financement du régime de Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme. Selon la porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Anna Kelly, le navire transportait du pétrole de PDVSA, une société sanctionnée.
Il s’agit de la deuxième saisie en moins de deux semaines, après celle du pétrolier Skipper le 10 décembre. Quelques jours plus tard, l’administration américaine avait annoncé un blocus total interdisant l’entrée et la sortie des ports américains à tout pétrolier sanctionné, dans le cadre de la pression exercée sur le gouvernement Maduro, accusé par Washington de diriger un réseau de trafic de drogue.
Caracas a fermement rejeté ces saisies, les qualifiant de « vol » et a promis de prendre « toutes les actions appropriées ». Par ailleurs, les États-Unis ont lancé une opération pour intercepter un troisième pétrolier dans la mer des Caraïbes, près des côtes vénézuéliennes.
Le président Maduro a dénoncé ces confiscations comme de la « piraterie par des corsaires », affirmant que son pays avait « passé 25 semaines à dénoncer, affronter et vaincre une campagne d’agression qui va du terrorisme psychologique aux corsaires qui ont attaqué des pétroliers ».
gs (efe, El Universal)