Publié le 27 novembre 2025 à 05h28. Le yen japonais a progressé face au dollar américain, porté par la faiblesse de la devise américaine et les incertitudes entourant la politique monétaire de la Banque du Japon, tandis que les marchés anticipent d’éventuelles baisses de taux aux États-Unis.
- Le yen a gagné du terrain face au dollar, atteignant un plus haut d’une semaine.
- Les perspectives d’une hausse des taux d’intérêt au Japon restent incertaines, les investisseurs attendant des données supplémentaires.
- La possibilité d’une baisse des taux aux États-Unis en décembre prochain pèse sur le dollar.
Le yen japonais a connu une appréciation notable jeudi sur les marchés asiatiques, inversant une tendance récente et se rapprochant de son plus haut niveau depuis une semaine. Cette dynamique est principalement due à la faiblesse du dollar américain, fragilisé par la possibilité que la Réserve fédérale américaine (Fed) abaisse ses taux d’intérêt lors de sa réunion de décembre. Les investisseurs scrutent attentivement les indicateurs économiques américains pour évaluer la probabilité d’un tel scénario.
Si les attentes concernant une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Japon (BoJ) en décembre restent faibles, les acteurs du marché attendent avec impatience de nouvelles données économiques pour évaluer l’évolution de la politique monétaire japonaise dans les mois à venir. L’inflation, le chômage et les salaires seront particulièrement surveillés.
Au moment des dernières transactions, le dollar a reculé d’environ 0,5 % face au yen, s’échangeant à 155,72 ¥ (contre 156,45 ¥ en ouverture et un plus haut de 156,46 ¥). Mercredi, le yen avait déjà terminé la journée en baisse d’environ 0,3 % face au dollar, dans un mouvement de correction après avoir atteint 155,66 ¥ la veille.
L’indice du dollar, qui mesure sa performance face à un panier de devises mondiales, a chuté de 0,15 % jeudi, accentuant ses pertes pour la quatrième séance consécutive et atteignant son plus bas niveau depuis près de deux semaines. Cette baisse reflète la pression continue sur la devise américaine.
Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. Des données économiques américaines décevantes et des déclarations accommodantes de responsables de la Fed ont alimenté les spéculations sur une baisse des taux d’intérêt. Par ailleurs, selon Bloomberg, Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche, serait le candidat favori pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. À l’instar de l’ancien président Donald Trump, Hassett estime que les taux d’intérêt devraient être plus bas qu’ils ne le sont actuellement. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Besent, a indiqué mardi qu’une annonce du choix de Trump était probable avant Noël.
Concernant le Japon, des sources proches de la Banque du Japon ont révélé à Reuters que l’institution prépare les marchés à une éventuelle hausse des taux d’intérêt le mois prochain. Cette attitude plus ferme serait motivée par la forte dépréciation du yen et les pressions politiques pour mettre fin à une politique monétaire ultra-accommodante.
La probabilité d’une hausse de 0,25 point de pourcentage des taux d’intérêt japonais en décembre est actuellement estimée à environ 40 %. Les investisseurs attendent donc des données supplémentaires sur l’inflation, le chômage et les salaires pour affiner leurs prévisions.
Selon Vasiliy Serebryakov, stratège des changes à UBS New York, une simple hausse des taux ne suffira pas à modifier significativement la trajectoire du yen, à moins que la Banque du Japon n’adopte une politique monétaire plus agressive et ne s’engage à augmenter continuellement les taux d’intérêt pour maîtriser l’inflation.
« Il sera difficile de modifier de manière significative le cours du yen avec une seule hausse, à moins que la Banque du Japon ne procède à une hausse agressive des taux d’intérêt et ne s’engage à augmenter continuellement les taux d’intérêt jusqu’en 2026 pour contrôler l’inflation. »
Vasiliy Serebryakov, stratège des changes à UBS New York
Il ajoute : « Si cela n’arrive pas, je ne pense pas que le yen en bénéficiera de manière significative, car les écarts de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Japon sont encore très importants et la volatilité est encore faible. »
Jane Foley, responsable de la stratégie de change chez Rabobank Londres, estime qu’une intervention sur le marché est possible, mais que la crainte d’une telle intervention pourrait suffire à empêcher le dollar de s’apprécier face au yen.
« Il existe une possibilité d’intervention pendant Thanksgiving, mais si la peur d’une intervention du marché est suffisante pour empêcher le dollar de s’apprécier par rapport au yen, cela réduit cette possibilité. »
Jane Foley, responsable de la stratégie de change chez Rabobank Londres