Publié le 14 octobre 2025 à 13h01. Malgré les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, l’économie mondiale affiche une résilience surprenante, mais le Fonds monétaire international (FMI) met en garde contre des perspectives de croissance qui restent préoccupantes et dont l’impact total n’est pas encore visible.
- Le FMI a légèrement relevé ses prévisions de croissance mondiale pour 2025 à 3,2 % (contre 3 % précédemment).
- Les perspectives pour le Royaume-Uni ont également été revues à la hausse, mais l’inflation y reste plus élevée que dans les autres pays du G7.
- Le FMI souligne les risques liés aux politiques migratoires restrictives et à une éventuelle correction des marchés boursiers.
Washington – Le Fonds monétaire international a publié ses dernières Perspectives de l’économie mondiale (PEM) lors de ses réunions annuelles à Washington, révélant une économie mondiale qui a mieux résisté que prévu aux mesures protectionnistes mises en place par l’ancien président américain Donald Trump. Cependant, cette résilience ne doit pas masquer les défis sous-jacents et les risques qui pèsent sur la croissance future.
Le FMI prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial de 3,2 % en 2025, une amélioration par rapport aux 3 % estimés en juillet. Les prévisions pour 2026 restent inchangées, à 3,1 %. Concernant le Royaume-Uni, les prévisions de croissance ont été légèrement revues à la hausse, passant de 1,2 % à 1,3 % pour cette année, mais elles sont ramenées à 1,3 % pour l’année prochaine.
Selon le FMI, l’impact des mesures commerciales protectionnistes a jusqu’à présent été limité sur l’activité économique et les prix. Le Fonds explique cette situation par le fait que l’incertitude générée par des changements politiques majeurs, comme les tarifs douaniers de Trump, met du temps à se traduire en décisions d’investissement concrètes. Il cite l’exemple du Brexit, dont les effets économiques se sont fait sentir progressivement, les investissements des entreprises n’ayant commencé à baisser régulièrement qu’à partir de 2018, plusieurs années après le référendum.
Le rapport souligne également que les droits de douane imposés par l’administration Trump se sont avérés moins drastiques qu’initialement redouté, et que leur impact a été atténué par une anticipation de la consommation par les ménages et les entreprises, cherchant à faire leurs achats avant l’entrée en vigueur des tarifs. Les annonces de Trump en avril, qualifiées de « jour de la libération » par ses partisans, n’ont pas eu l’effet dévastateur prévu.
Néanmoins, le FMI met en garde contre plusieurs sources d’inquiétude. Parmi celles-ci figurent le risque d’un ralentissement de la croissance américaine en raison des politiques d’immigration plus restrictives mises en œuvre par Washington, des valorisations élevées sur les marchés boursiers, et le fait que les effets complets des tarifs douaniers commencent seulement à se manifester.
« Au-delà de l’apparente résilience résultant des distorsions liées au commerce dans certaines des données disponibles et des prévisions de croissance vertigineuses dues aux fluctuations brutales des politiques commerciales, les perspectives de l’économie mondiale continuent de laisser entrevoir des perspectives sombres, à court et à long terme. »
Fonds monétaire international
Le FMI s’inquiète également des politiques migratoires plus restrictives adoptées par un nombre croissant de pays, qui pourraient freiner la croissance économique future. En particulier, les mesures prises par l’administration Trump aux États-Unis pourraient réduire le PIB américain de 0,3 à 0,7 % et entraîner une hausse de l’inflation dans les secteurs fortement dépendants de la main-d’œuvre immigrée, tels que la construction, l’hôtellerie et l’agriculture.
Le rapport fait écho aux avertissements lancés la semaine dernière par Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, concernant une incertitude croissante dans l’économie mondiale. Georgieva avait souligné que l’incertitude était devenue la nouvelle norme. Le FMI met également en garde contre le risque d’une correction des cours des actions et d’un ralentissement des investissements si les marchés réévaluent les gains potentiels de l’intelligence artificielle générative.
Enfin, le rapport souligne les défis auxquels sont confrontés les pays les plus pauvres, en particulier ceux du Moyen-Orient et de l’Afrique, en raison des réductions drastiques de l’aide étrangère, notamment de la part du Royaume-Uni. L’aide représente une part importante du revenu national dans ces pays, et sa diminution pourrait entraîner une instabilité géopolitique accrue, des pressions migratoires et des risques sécuritaires.