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L’élimination des déchets cérébraux est affectée chez les combattants

by Camille Renault

Publié le 10 décembre 2025 à 05h05. Une étude révèle que le système d’élimination des déchets cérébraux est perturbé chez les boxeurs et combattants d’arts martiaux mixtes, ouvrant la voie à un diagnostic précoce des lésions cérébrales et à une meilleure protection de la santé des athlètes.

  • Des neuroimageries de haute technologie montrent des anomalies dans le système glymphatique, responsable de l’élimination des toxines du cerveau.
  • Ces perturbations pourraient être liées à l’accumulation de protéines associées à la maladie d’Alzheimer et à d’autres formes de démence.
  • L’étude suggère que l’évaluation de l’activité glymphatique pourrait aider à identifier les athlètes à risque et à adapter leurs pratiques pour préserver leur santé cérébrale.

Des chercheurs ont mis en évidence des altérations du système glymphatique chez des boxeurs professionnels et des combattants d’arts martiaux mixtes (MMA). Ce système, récemment découvert, joue un rôle crucial dans l’élimination des déchets métaboliques et des toxines du cerveau, agissant comme une véritable « plomberie » cérébrale, selon le Dr Dhanush Amin, auteur principal de l’étude.

L’étude, menée sur 280 combattants suivis par la Cleveland Clinic Professional Athletes Brain Health Study pendant au moins trois ans, a utilisé une technique d’IRM spécialisée pour observer le mouvement du liquide céphalo-rachidien dans les canaux du système glymphatique. Les résultats ont été comparés à ceux de 20 sujets sains.

L’équipe a constaté que les combattants ayant déjà des troubles cognitifs présentaient initialement un indice glymphatique plus élevé que ceux qui n’en avaient pas. Cependant, cet indice diminuait progressivement avec l’augmentation du nombre de knock-out (KO) subis. Les chercheurs pensent que le cerveau réagit initialement aux blessures en intensifiant son mécanisme de nettoyage, mais finit par être dépassé.

« Nous pensons que l’indice glymphatique était initialement élevé dans le groupe des athlètes handicapés parce que le cerveau réagit initialement aux blessures répétées à la tête en intensifiant son mécanisme de dégagement. Mais finalement, il est dépassé. Après un certain point, le cerveau abandonne. »

Dr Dhanush Amin, professeur agrégé de neuroradiologie à l’Université de l’Arkansas pour les sciences médicales

Les traumatismes crâniens répétés, fréquents dans la boxe et les arts martiaux mixtes – qui représentent 30 % de toutes les lésions cérébrales – sont depuis longtemps associés à des lésions cérébrales à court et à long terme, ainsi qu’à des troubles neurodégénératifs et neuropsychiatriques. Cette nouvelle compréhension du système glymphatique pourrait permettre un diagnostic plus précoce et une meilleure prise en charge des athlètes.

Selon le Dr Amin, l’évaluation de l’activité glymphatique pourrait guider les athlètes et les professionnels de la santé dans la prévention des lésions cérébrales et la prise de décisions éclairées concernant la poursuite de leur carrière. Cette recherche pourrait également apporter des éclaircissements sur les mécanismes de la perte de mémoire liés à d’autres pathologies.

« L’étude de ce système nous ouvre une nouvelle fenêtre pour comprendre et éventuellement ralentir la perte de mémoire. »

Dr Dhanush Amin, professeur agrégé de neuroradiologie à l’Université de l’Arkansas pour les sciences médicales

Les conclusions de cette étude ont été présentées lors de la réunion annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA) à Chicago et doivent être considérées comme préliminaires jusqu’à leur publication dans une revue scientifique à comité de lecture.

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