Publié le 29 octobre 2024 16:32. Singapour s’apprête à moderniser son réseau électrique pour faire face à l’essor des véhicules électriques et à l’intégration croissante d’énergies renouvelables, en misant notamment sur la flexibilité de la demande et l’optimisation des ressources existantes.
- L’Autorité du marché de l’énergie (EMA) a dévoilé une feuille de route pour renforcer la résilience, l’interconnectivité et la flexibilité du réseau.
- Une nouvelle approche de la “flexibilité de la demande” permettra d’utiliser des ressources énergétiques distribuées, comme les batteries et les générateurs de secours, pour répondre aux besoins du pays.
- Des programmes pilotes, incluant des centrales virtuelles, seront lancés pour tester de nouvelles solutions d’optimisation énergétique.
Le réseau électrique singapourien, réputé pour sa fiabilité, doit s’adapter à une demande croissante et à la transition vers une énergie plus propre. L’augmentation du nombre de véhicules électriques et l’intégration de sources d’énergie renouvelables, bien que cruciales pour la décarbonation, présentent des défis inédits en termes de gestion et de stabilité du réseau.
Selon le ministre en charge de l’énergie, de la science et de la technologie, Tan See Leng, cette feuille de route est essentielle pour garantir la flexibilité du réseau, une priorité absolue pour Singapour. S’exprimant lors de la Conférence de l’industrie de l’alimentation électrique, dans le cadre de la Semaine internationale de l’énergie de Singapour 2025, il a souligné que, malgré sa robustesse actuelle, le réseau devra faire face à de nouvelles contraintes.
Les sources d’énergie renouvelables, souvent situées à distance des centres de consommation, nécessitent de longues lignes de transport. De plus, leur caractère intermittent – notamment pour l’énergie solaire – introduit une incertitude opérationnelle. Parallèlement, la demande d’électricité ne cesse de croître, stimulée par le développement des centres de données et l’adoption massive des véhicules électriques. “La gestion du réseau deviendra plus complexe avec ces nouveaux profils de charge”, a précisé le Dr Tan.
Pour relever ces défis, l’EMA mise sur une approche innovante de la flexibilité de la demande. L’objectif est d’exploiter les ressources énergétiques distribuées actuellement sous-utilisées, telles que les systèmes de stockage d’énergie par batterie et les générateurs de secours. Ces ressources, maintenues en réserve, pourraient être mobilisées “sur une base quasi continue” pour répondre aux besoins du pays.
Dans un communiqué, l’EMA explique que ces ressources, généralement en veille, sont prêtes à être activées rapidement. Leur capacité à maintenir une réduction de charge sur des périodes prolongées les rend particulièrement aptes à fournir des services auxiliaires, en complément de leur fonction principale.
L’EMA prévoit également d’améliorer son programme de charge interrompue, destiné aux consommateurs professionnels. Ce système permet aux participants d’être indemnisés pour leur mise en veille et de réduire leur consommation d’électricité en cas de tension sur le réseau. L’autorité envisage de réduire le délai d’activation à 30 minutes, offrant ainsi une plus grande certitude aux participants.
Actuellement, le programme de charge interrompue est “opportuniste”, les participants ne réduisant leur charge que lorsque cela est compatible avec leurs opérations. L’EMA souhaite encourager une participation plus constante et fiable. Le Dr Tan a également annoncé le lancement d’un programme pilote de centrale électrique virtuelle. Ces plateformes numériques consolident et optimisent les ressources énergétiques distribuées, comme l’énergie solaire et les batteries, en une seule source d’énergie, permettant ainsi de mieux répondre aux besoins du système.
L’EMA publiera prochainement un appel d’offres pour explorer la faisabilité et la conception d’un programme incitatif visant à encourager une contribution continue à la fiabilité du réseau électrique.
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