Publié le 16 novembre 2025 à 00:06:00. L’équipe cycliste africaine Amani, portée par l’expérience d’Ashleigh Moolman Pasio, ambitionne de rejoindre l’élite mondiale du cyclisme féminin, avec l’objectif de participer au Tour de France Femmes d’ici 2028.
- L’équipe Amani obtiendra une licence UCI révolutionnaire la saison prochaine.
- Ashleigh Moolman Pasio, quadruple olympienne, rejoint l’équipe en tant que mentor-conseillère.
- Le projet rend hommage à Sule Kangangi, co-fondateur décédé en 2022, et vise à développer le cyclisme africain de manière durable.
L’équipe Amani, née d’une vision audacieuse, franchit une nouvelle étape dans son développement. Fondée en 2020 par Sule Kangangi et l’avocat Mikel Delagrange, cette initiative vise à propulser le cyclisme africain sur la scène internationale. Suite au tragique décès de Sule Kangangi lors d’une compétition de gravel en 2022, Mikel Delagrange et ses collaborateurs ont poursuivi le projet, animés par sa mémoire et une ambition intacte.
L’équipe s’apprête à obtenir une licence UCI (Union Cycliste Internationale) la saison prochaine, une étape cruciale pour participer à des compétitions de haut niveau. L’objectif ultime est de figurer au départ du Tour de France Femmes d’ici 2028, un défi ambitieux que Mikel Delagrange qualifie de « trajectoire lunaire ». L’équipe vise également à participer au Giro d’Italia Donne et à La Vuelta Femenina dans le même délai.
« Créer cette équipe avec l’ambition de participer de manière compétitive aux plus grandes courses du monde d’ici trois ans semble être un moment décisif pour notre projet. »
Mikel Delagrange, co-fondateur de Team Amani
L’arrivée d’Ashleigh Moolman Pasio, cycliste sud-africaine expérimentée, est un atout majeur pour l’équipe. Après une carrière brillante, marquée par des performances remarquables au Tour de France Femmes et au Giro Donne, elle endosse un rôle de mentor pour guider les jeunes talents africains.
« Plutôt que de suivre le modèle traditionnel consistant à envoyer des coureurs africains en Europe et à espérer qu’ils s’adaptent, Amani construit des infrastructures performantes en Afrique – où les coureurs se sentent chez eux, soutenus par leurs propres cultures et communautés – et crée ensuite des voies vers l’Europe de manière durable. »
Ashleigh Moolman Pasio, quadruple olympienne
L’équipe Amani s’inscrit dans une dynamique positive pour le cyclisme africain, illustrée par le succès des Championnats du monde de cyclisme organisés au Rwanda en 2025. Cet événement a non seulement offert une expérience précieuse aux coureurs africains, mais a également suscité un engouement croissant pour ce sport sur le continent. Comme l’a souligné Samuel Niyonkuru, coureur de l’équipe masculine, l’organisation des Mondiaux au Rwanda a été un formidable coup de pouce à la confiance des athlètes locaux.
L’équipe Amani se distingue de précédentes initiatives, comme MTN-Qhubeka, qui avait fait ses débuts sur le Tour de France masculin en 2015. Si MTN-Qhubeka avait pour objectif le développement du cyclisme africain, son orientation s’était progressivement déplacée vers l’Europe. Amani, au contraire, met l’accent sur le développement des talents africains sur le continent, tout en ouvrant des perspectives vers l’Europe.
Mikel Delagrange est convaincu du potentiel immense des coureurs africains :
« Notre message aux jeunes femmes de notre équipe est que la seule limite qu’elles ont désormais est celle de leur propre imagination. »
Mikel Delagrange, co-fondateur de Team Amani
Le projet a été officiellement lancé lors du Rouleur Live à Londres. La prochaine étape consiste à mettre en place les conditions nécessaires pour 2026 et à assurer un lancement réussi de l’équipe féminine UCI.