Face à un contexte international jugé de plus en plus instable, le ministère de la Santé prépare activement le système de santé français à une potentielle crise de grande ampleur, voire un conflit de haute intensité. Des documents internes révèlent que les Agences Régionales de Santé (ARS) ont reçu des instructions pour anticiper un « engagement majeur » d’ici mars 2026.
L’objectif est de mettre en place des dispositifs d’accueil pour les patients rapatriés de zones de combat. Selon les documents consultés, il s’agit d’anticiper les besoins en matière de soutien sanitaire en cas de conflit prolongé. Cette préparation, expliquait Catherine Vautrin, alors ministre du Travail, sur BFM-TV, s’inscrit dans une logique d’anticipation des crises, comparable à la constitution de stocks stratégiques ou à la gestion des épidémies.
« Il est tout à fait normal que le pays anticipe les crises, cela fait partie de la responsabilité des administrations centrales », a-t-elle ajouté.
Cette anticipation se traduit également par une évolution de la formation au sein du Service de Santé des Armées (SSA). Les leçons tirées du conflit en Ukraine sont prises en compte pour adapter les compétences et les protocoles. Au début du mois d’octobre, le médecin général inspecteur Guillaume de Saint Maurice, directeur de l’Académie de santé des armées au Val-de-Grâce, soulignait un changement majeur dans la nature des blessures attendues.
« Pendant trente ans, nous avons fonctionné sur un modèle d’opérations extérieures, avec peu de blessés graves et beaucoup de moyens, permettant une prise en charge très rapide et un rapatriement en vingt-quatre à trente-six heures. Aujourd’hui et demain, ce sera probablement beaucoup de blessés graves, une centaine par jour, et des moyens beaucoup plus contraints », a-t-il précisé.
Ce nouveau scénario implique une adaptation profonde des capacités de prise en charge, avec une anticipation d’un afflux massif de blessés graves nécessitant des soins intensifs et un rapatriement potentiellement plus lent en raison de contraintes logistiques.