Publié le 5 décembre 2023 à 06h01. Les automobilistes empruntant quotidiennement la M7/N7 entre le comté de Kildare et Dublin dénoncent des embouteillages chroniques et réclament une intervention rapide des autorités pour améliorer la gestion des incidents sur cette artère vitale.
- Des temps de trajet atteignant jusqu’à trois heures et demie sont signalés sur un tronçon de seulement 35 km.
- Des témoignages font état de comportements dangereux des conducteurs pris au piège dans les bouchons.
- Des élus locaux et des usagers demandent la création d’une unité d’intervention d’urgence dédiée à la M7/N7.
La congestion sur la M7/N7, l’une des routes les plus fréquentées d’Irlande, atteint des niveaux critiques, transformant les trajets domicile-travail en véritables épreuves pour des milliers de personnes. Les automobilistes se plaignent de retards considérables, particulièrement aux heures de pointe, et pointent du doigt un manque de réactivité face aux accidents et aux pannes.
Dee O’Malley, habitante de Newbridge, témoigne de la difficulté de ses déplacements quotidiens :
« Si je quitte la maison après 6h45, je me retrouve dans le pire des cas et je peux être en retard au travail jusqu’à deux heures. Je passe tout mon temps dans la voiture, environ 80 à 90 heures par mois. »
Annabel Biddulph, qui parcourt les 35 km séparant Naas et Parkwest, a vécu des trajets qui ont duré jusqu’à trois heures et demie en raison d’accidents. Elle souligne la saturation des routes secondaires lorsqu’elle tente de contourner les bouchons :
« À Kill, tout le monde est sur les routes secondaires et il y a des travaux. »
Les données de Transport Infrastructure Ireland (TII), l’agence d’État responsable du réseau routier irlandais, confirment cette tendance. Le trafic en direction de Dublin commence à augmenter dès 4 heures du matin au niveau de Kill, atteignant un pic de près de 5 000 véhicules par heure vers 6h30. Une situation similaire est observée à Citywest, où le trafic culmine à 5 182 véhicules entre 6h et 7h du matin.
Au-delà des retards, les usagers dénoncent des comportements dangereux liés à la frustration et à l’attente. Trish Sully, formatrice spécialisée dans la sécurité routière, évoque des scènes qu’elle préférerait ne pas voir :
« Ce que j’ai vu, ce sont des gens qui mangent dans des bols, qui se maquillent, des conducteurs qui regardent des séries ou des films en conduisant, qui conduisent trop lentement ou trop vite, mais le plus important, c’est d’envoyer des SMS. »
Face à cette situation, des élus locaux se mobilisent. James Stokes, représentant du Sinn Féin, souligne la complexité de ses propres déplacements, notamment en raison des rendez-vous médicaux de son enfant à Dublin :
« Cela signifie rester assis dans la circulation qui monte et descend et je pourrais tout aussi bien être assis dans un parking. »
Mark Wall, député travailliste, appelle à la mise en place d’une unité d’intervention d’urgence sur la route.
TII reconnaît la problématique et indique que des unités de réponse aux incidents sont déjà opérationnelles sur la M50, avec une couverture s’étendant jusqu’à 1 km sur des artères comme la N7. L’agence précise qu’elle n’exclut pas d’étendre ses services sur la M7, mais conditionne cette extension à la disponibilité de fonds.
Parallèlement, des usagers pointent du doigt les insuffisances des transports en commun. Megan Byrne, qui a récemment changé de poste pour privilégier le télétravail, déplore la saturation des trains reliant Kildare à Dublin :
« Les trains de Kildare à Dublin, à la plupart des heures de pointe, ne comportent que trois wagons, absolument bondés. »
Les témoignages convergent : la situation sur la M7/N7 est devenue intenable et nécessite une réponse rapide et coordonnée des autorités pour garantir la sécurité et la fluidité du trafic.
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