Mis à jour le 8 octobre 2025 à 13h30. L’aéroport de Brême, en Allemagne, est devenu le premier site à intégrer un système de stockage d’énergie stationnaire basé sur des batteries au sodium, une alternative prometteuse au lithium pour répondre aux besoins croissants en énergie renouvelable.
- Une entreprise suisse, Phenogy, a installé un système de stockage de 0,9 MW/h (mégawatts-heure) à l’aéroport de Brême.
- Ce système utilise des batteries au sodium, une ressource plus abondante et durable que le lithium.
- Il s’agit d’un « îlot énergétique » autonome, connecté à une centrale photovoltaïque de 50 kW (kilowatts) et capable de stabiliser le réseau électrique.
Le développement des énergies renouvelables, porté par leur impact environnemental positif et l’absence d’émissions de gaz à effet de serre, nécessite des solutions de stockage d’énergie fiables. Si les batteries lithium-ion ont longtemps dominé ce marché, leur dépendance à un matériau rare et coûteux pousse les acteurs du secteur à explorer de nouvelles pistes.
Les systèmes de stockage d’énergie, souvent basés sur des batteries, jouent un rôle crucial pour pallier l’intermittence des sources d’énergie renouvelable comme l’éolien et le solaire. Ils captent l’énergie excédentaire produite lors des périodes de forte production et la restituent en cas de besoin. Cependant, le stockage ne se limite pas à l’électricité : il peut également prendre la forme de chaleur, d’air comprimé ou d’hydrogène. Des solutions mécaniques, comme les accumulateurs gravitationnels utilisant des réservoirs d’eau à différentes hauteurs ou les sels fondus, sont également en développement.
C’est dans ce contexte que l’entreprise suisse Phenogy a mis en service son système Phenogy 1.0 à l’aéroport de Brême. Ce dispositif, d’une capacité de 0,9 MW/h et d’une puissance nominale de 400 kW, représente une avancée significative en matière de stockage d’énergie propre. Il fournit l’électricité nécessaire au terminal en période de forte demande et constitue le premier mécanisme stationnaire de ce type à utiliser des batteries au sodium au lieu du lithium.
Le sodium, contrairement au lithium, est une ressource abondante sur Terre et son extraction peut être réalisée de manière durable, notamment à partir de déchets agricoles tels que la cellulose ou les coquilles de noix. Cette abondance élimine la dépendance au lithium et ouvre la voie à des alternatives plus respectueuses de l’environnement. La cellule de ces batteries, conçue par Phenogy, se distingue par sa durabilité et sa résistance à la chaleur, grâce à un système de refroidissement par ventilation forcée.
Le système Phenogy 1.0 est installé sur un terrain industriel adjacent à l’aéroport et est directement connecté à une centrale photovoltaïque de 50 kW. Il fonctionne de manière autonome du réseau électrique conventionnel, créant un « îlot énergétique » capable de contrôler automatiquement la consommation et la production d’électricité. Il intègre également la technologie Sunny Island et agit comme un filtre contre les distorsions du réseau, stabilisant ainsi l’alimentation électrique et protégeant contre les pics de tension.
Les batteries au sodium présentent des propriétés extraordinaires qui en font un substitut idéal au lithium comme électrolyte. Elles offrent une grande durabilité, une densité énergétique élevée et une résistance thermique supérieure, grâce à leur système de ventilation efficace. Ce type de technologie est particulièrement adapté aux installations critiques nécessitant un approvisionnement électrique continu et stable, telles que les centres de données, les hôpitaux, les infrastructures de télécommunications et les aéroports. D’autres méthodes de stockage, comme l’utilisation de sable, pourraient également constituer des alternatives intéressantes et économiques, comme le souligne cette étude.