Publié le 15 décembre 2025. Des chercheurs de Johns Hopkins Medicine ont observé une réduction significative des cellules immunitaires infectées par le VIH chez un patient traité pour un cancer du poumon, ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre le virus.
- Une chimiothérapie, initialement destinée à combattre un cancer du poumon métastatique, a entraîné une forte diminution des lymphocytes T CD4+ porteurs du provirus du VIH.
- Les chercheurs suspectent que ces cellules immunitaires infectées étaient particulièrement sensibles aux médicaments utilisés dans le traitement du cancer.
- Cette découverte représente une première étape encourageante dans la recherche de traitements plus efficaces et pratiques contre le VIH.
Cette observation prometteuse est issue d’une étude publiée dans le Journal d’investigation clinique (JCI). L’équipe de Johns Hopkins Medicine s’est intéressée à un patient vivant avec le VIH et recevant une chimiothérapie pour un cancer du poumon métastatique. Après le traitement, les analyses ont révélé une baisse notable du nombre de lymphocytes T CD4+ contenant le provirus du VIH, une forme latente du virus qui permet sa persistance dans l’organisme.
Le patient a reçu deux médicaments chimiothérapeutiques : le paclitaxel et le carboplatine. Selon le co-auteur principal de l’étude, Joel Blankson, professeur de médecine à la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, les lymphocytes T CD4+ infectés par le VIH pourraient avoir été particulièrement vulnérables à ces traitements.
« Nous soupçonnons que les lymphocytes T CD4+ infectés par le VIH auraient pu être très sensibles à ces médicaments et ont été empêchés de proliférer chez le patient »
Joel Blankson, professeur de médecine à la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins
L’étude a été conçue pour vérifier cette hypothèse.
Les lymphocytes T CD4+ jouent un rôle crucial dans le système immunitaire. Leur infection par le VIH affaiblit les défenses de l’organisme et conduit au développement du SIDA. La capacité du virus à persister sous forme latente dans ces cellules constitue un obstacle majeur à la guérison.
Bien que ces résultats soient encourageants, les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une observation préliminaire. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cette approche peut être reproduite et appliquée à un plus grand nombre de patients. L’objectif est de développer des traitements capables d’éliminer ou de contrôler durablement le réservoir viral du VIH.
Pour en savoir plus sur cette recherche, vous pouvez consulter le communiqué de presse complet de Johns Hopkins Medicine.
Source : Médecine Johns Hopkins