Publié le 5 décembre 2025 à 14h38. Les clubs de la Frauen-Bundesliga, la première division féminine de football allemande, ont annoncé leur intention de créer une ligue indépendante, rompant ainsi les liens avec la Fédération allemande de football (DFB) après des désaccords sur la gestion et le financement du championnat.
- Les 14 clubs de la Frauen-Bundesliga vont créer une association de ligue similaire à la DFL, qui gère les deux divisions masculines.
- Cette décision intervient après l’annonce que l’Allemagne accueillera l’Euro féminin de l’UEFA en 2029.
- Les clubs estiment que la DFB a formulé des « exigences inacceptables » lors de la finalisation des contrats.
Un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire du football féminin allemand. Les clubs de la Frauen-Bundesliga ont annoncé hier soir leur volonté de prendre leur destin en main en se séparant de la DFB et en formant leur propre organisation. Cette décision marque une rupture significative dans la gouvernance du football féminin en Allemagne, après des négociations infructueuses avec la fédération.
L’annonce intervient dans un contexte favorable, l’Allemagne ayant récemment obtenu l’organisation de l’Euro féminin 2029, un événement majeur qui devrait stimuler le développement du football féminin dans le pays. Les clubs espèrent que cette nouvelle structure leur permettra de mieux contrôler leur avenir et d’accroître le potentiel commercial de la Bundesliga féminine.
Dans un communiqué, les 14 clubs ont précisé que la création de la « Bundesliga féminine FBL eV » la semaine prochaine (10 décembre) permettra d’assurer « le développement moderne, professionnel et durable de la Bundesliga féminine et de renforcer le potentiel commercial du football féminin professionnel ». Ils estiment que cette autonomie est essentielle pour répondre aux défis et aux opportunités qui se présentent.
« Lors des discussions avec la DFB, les points clés pour la création d’une FBL GmbH commune avaient déjà été convenus, ce qui a rendu la remise en question des pierres angulaires négociées à ce stade d’autant plus surprenante pour nous, les clubs – d’autant plus que les clubs investiront beaucoup plus dans la Bundesliga féminine. »
Jan-Christian Dreesen, directeur général du Bayern Munich
Initialement, un accord avait été trouvé avec la DFB pour la création d’une association de ligue détenue à 50 % par les deux parties, la « Frauen-Bundesliga Gesellschaft ». La DFB s’était engagée à investir 100 millions d’euros sur huit ans pour professionnaliser la ligue. Cependant, les clubs ont finalement décidé de poursuivre seuls, estimant que les exigences de la DFB étaient inacceptables.
Selon le journal allemand Bild, la DFB aurait formulé des demandes de dernière minute qui ont bloqué l’accord. Axel Hellmann, porte-parole de la direction de l’Eintracht Francfort, a exprimé sa déception face à cette situation :
« Nous sommes déçus que les accords déjà conclus avec la DFB ne soient pas reflétés dans les documents contractuels de notre point de vue. C’est pour cette raison que l’acte fondateur aura lieu désormais sans la participation de la DFB. »
Axel Hellmann, porte-parole de la direction de l’Eintracht Francfort
La DFB a réagi en affirmant qu’elle restait ouverte aux discussions avec les clubs pour trouver une solution. Holger Blask, secrétaire général de la DFB, a déclaré que la création de l’association de la ligue par les clubs était une condition préalable à la coentreprise envisagée, mais que la participation de la DFB n’avait jamais été prévue de cette manière.
« Les contrats prêts à être signés n’ont pas encore été présentés. Les négociateurs des clubs avaient envoyé à la DFB de nombreux ajouts et demandes de modifications, auxquels la DFB a répondu de la manière habituelle. »
Holger Blask, secrétaire général de la DFB
La DFB assure qu’elle reste attachée aux accords conclus et aux investissements prévus dans le cadre de la coentreprise envisagée, estimant que la création commune de la FBL GmbH est la meilleure voie à suivre pour toutes les parties concernées.