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les coûts baisseraient de 32% et ils assembleraient 80 cycles par jour

Publié le 2024-02-29 14:35:00. L'entreprise colombienne Bike House a conclu un accord historique avec le géant japonais Shimano, lui permettant d'assembler ses vélos Cliff directement en Colombie et de réduire significativement ses coûts de production, avec une baisse…

les coûts baisseraient de 32% et ils assembleraient 80 cycles par jour

Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’entreprise colombienne Bike House a conclu un accord historique avec le géant japonais Shimano, lui permettant d’assembler ses vélos Cliff directement en Colombie et de réduire significativement ses coûts de production, avec une baisse attendue des prix pour les consommateurs.

  • Bike House devient l’un des rares fabricants en Amérique latine à bénéficier d’un accord direct avec Shimano.
  • L’opération permettra de produire entre 18 000 et 20 000 vélos par an dans une première phase, avec un objectif de 80 000 à 90 000 unités.
  • Cette collaboration devrait entraîner une baisse d’environ 10 % des prix de vente au détail.

Un pas important a été franchi dans l’industrie cycliste colombienne. Bike House a obtenu un accord direct avec Shimano, le plus grand fabricant mondial de composants pour vélos. Cette entente permettra à l’entreprise d’assembler ses vélos de marque Cliff en Colombie en bénéficiant des prix réservés aux équipementiers d’origine (OEM), réduisant ainsi ses coûts de matériaux et d’assemblage de 30 à 32 %. Selon les prévisions de l’entreprise, cette baisse des coûts se traduira par une diminution d’environ 10 % des prix pour le consommateur final.

Cet accord est d’autant plus significatif que Shimano fournit les pièces détachées pour plus de 90 % des vélos fabriqués dans le monde. En Amérique latine, seuls quelques pays comme le Mexique, l’Argentine et le Brésil avaient jusqu’à présent bénéficié d’accords similaires. Bike House a dû faire ses preuves pendant huit ans pour démontrer à Shimano sa capacité de production, la solidité de son marché et la qualité de ses composants.

Carlos Ballesteros, directeur de Bike House, a expliqué que l’approbation finale est intervenue il y a cinq mois, après une inspection approfondie des installations colombiennes par une équipe de Shimano. Les experts japonais ont vérifié la structure opérationnelle de l’entreprise, l’existence des cadres, des fourches, des guidons et autres pièces essentielles, et ont certifié que Bike House était prête à assembler des vélos avec des composants Shimano achetés directement, sans passer par le distributeur local CHV, comme c’est le cas pour la majorité des acteurs du marché.

Une usine ambitieuse dans la zone franche de Rionegro

L’usine d’assemblage sera implantée dans la zone franche de Rionegro, où Bike House dispose d’un espace permettant d’installer jusqu’à cinq modules de production. La première phase de développement se concentrera sur un seul module, capable d’assembler environ 80 vélos par jour. En fonctionnant du lundi au vendredi, la capacité initiale se situera entre 1 600 et 1 700 vélos par mois, soit 18 000 à 20 000 unités par an.

Cette capacité augmentera progressivement à mesure que de nouvelles lignes de production seront mises en service. Chaque ligne nécessitera l’embauche d’une vingtaine de personnes, auxquelles s’ajouteront les employés chargés du conditionnement et de la distribution, portant le nombre total d’emplois créés par module à environ 25. À terme, lorsque les cinq lignes seront opérationnelles, l’ensemble du projet devrait générer environ 100 emplois directs.

« Notre rêve est de pouvoir assembler entre 80 000 et 90 000 vélos par an en Colombie. Nous avons commencé avec une production modeste, d’environ 20 000 unités, mais nous progressons étape par étape. »

Carlos Ballesteros, directeur de Bike House

Le lancement de cette opération nécessite un stock de sécurité de trois mois, équivalent à environ 6 000 vélos, pour un coût estimé à 150 dollars (environ 566 000 pesos colombiens) par unité en matières premières. Cela représente un investissement initial de près de 900 000 dollars (3 399 300 000 de pesos colombiens) pour les matières premières, auquel s’ajoutent 200 000 dollars pour l’installation de la première chaîne de montage. L’investissement total pour démarrer le projet s’élève donc à un minimum d’un million de dollars.

L’impact économique de cette initiative ne se limitera pas à l’usine. La production de 20 000 vélos la première année stimulera l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement nationale, notamment les fabricants de cartons et d’emballages, de rubans adhésifs et d’étiquettes, de catalogues et de manuels d’utilisation, ainsi que les entreprises de transport chargées de la distribution.

Selon Carlos Ballesteros, il s’agit d’un impact global : « Cela va de la production des cartons à la logistique de distribution. Il ne s’agit pas seulement de l’assemblage des vélos. »

Depuis la zone franche, Bike House pourra également renforcer sa stratégie d’exportation. L’entreprise a déjà exporté des vélos vers l’Équateur, le Chili, le Costa Rica, le Venezuela et le Mexique, et elle est convaincue que la réduction des coûts et l’amélioration de sa logistique lui permettront d’atteindre de nouveaux marchés.

Un avantage concurrentiel important par rapport aux fournisseurs asiatiques réside dans la flexibilité de Bike House. Alors que l’achat en Chine exige souvent de remplir un conteneur entier avec une seule référence de produit, Bike House pourra expédier des petits conteneurs – d’une capacité d’environ 30 unités – contenant jusqu’à cinq références différentes, de tailles et de couleurs variées.

Ballesteros souligne que la Colombie a obtenu cet accord grâce à sa tradition cycliste et à la taille de son marché, capable d’absorber entre 60 et 70 % de la production annuelle. Il met toutefois en garde contre les défis qui restent à relever pour promouvoir l’utilisation du vélo dans le pays.

Parmi ces défis, il cite la TVA de 5 %, alors que certains pays comme le Chili ont des droits de douane nuls, l’absence de subventions comparables à celles proposées en Europe (jusqu’à 100 euros pour l’achat d’un vélo), le manque d’intégration entre les vélos, les transports publics et les infrastructures de stationnement, et le faible soutien des banques, qui ne proposent pas de lignes de crédit spécifiques pour l’achat de vélos, contrairement aux voitures et aux motos.

« Le jour où le vélo sera pleinement intégré aux systèmes de transport, la situation sera radicalement différente pour la Colombie. »

Carlos Ballesteros, directeur de Bike House

Qu’est-ce que l’accord OEM entre Bike House et Shimano signifie-t-il ?
Cela permet à Bike House d’acheter les composants Shimano directement aux prix du fabricant, garantissant ainsi des normes de qualité élevées et une réduction des coûts de production en éliminant les intermédiaires.
Quel volume de vélos Bike House assemblera-t-elle en Colombie ?
En 2025, la production débutera avec 20 000 vélos, mais l’objectif est d’atteindre entre 80 000 et 90 000 unités par an en activant tous les modules d’assemblage.
Pourquoi Shimano a-t-elle choisi la Colombie ?
En raison de la tradition cycliste du pays, de la taille de son marché et de la capacité démontrée par Bike House au cours de huit années d’audits, de visites techniques et de validation des processus.
Les prix des vélos vont-ils baisser ?
Oui. L’entreprise prévoit une réduction d’environ 10 % du prix final pour le consommateur grâce aux économies réalisées sur les matériaux et les coûts de montage.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.