Publié le 20 octobre 2025 à 00h00. La volatilité s’emballe sur les marchés financiers, malgré une tendance haussière qui semble s’essouffler. Des signaux d’alerte apparaissent, notamment dans le secteur bancaire régional, suscitant des craintes de correction.
- La volatilité, mesurée par l’indice VIX, a bondi de 35 % au cours des 30 derniers jours.
- Des difficultés financières émergent au sein de banques régionales, avec des pertes signalées et des litiges en cours.
- Les inquiétudes concernant une possible bulle spéculative, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle, grandissent.
Les marchés financiers sont sur les nerfs. Après une période de relative stabilité, le début du mois d’octobre a été marqué par une forte augmentation de la volatilité. Si la tendance haussière se maintient, elle progresse sur un terrain de plus en plus incertain, avec des risques de correction qui se multiplient.
La semaine a été agitée. Lundi, une déclaration surprise de l’ancien président Trump, menaçant d’imposer des droits de douane supplémentaires de 100 % sur les produits chinois, a provoqué une onde de choc. Wall Street a subi de lourdes pertes, avec un recul de 2,7 % pour le S&P 500 et de 3,6 % pour le Nasdaq – leur plus forte baisse depuis avril. La guerre commerciale s’intensifie, et les investisseurs se demandent s’il est temps de se préparer à de nouvelles turbulences.
Cependant, l’ancien président a rapidement fait marche arrière, cherchant à apaiser les tensions. Il a déclaré, sur les mêmes réseaux sociaux où il avait initialement semé le trouble :
« Ne vous inquiétez pas pour la Chine. Tout ira bien. »
Wall Street a réagi positivement, enregistrant une forte hausse lundi, la plus importante depuis mai.
Jeudi, de nouvelles inquiétudes sont apparues, cette fois-ci liées au secteur du crédit et des banques régionales. Zions Bank a annoncé une perte de 50 millions de dollars liée à deux prêts commerciaux, tandis que Western Alliance Bank a signalé l’ouverture d’un procès pour fraude contre un débiteur, Cantor Group V. Deux entreprises, First Brands Group et Avoirs Tricolores, ont déposé leur bilan ce mois-ci, secouant le marché.
La faillite de First Brands a notamment affecté la banque d’investissement Jefferies, dont le titre a chuté de 11 % jeudi. Face à cette situation, le comité de crise de Jefferies s’est mobilisé pour fournir des informations rassurantes. Les analystes ont conclu que l’affaire First Brands était un cas isolé, lié à des pratiques frauduleuses spécifiques, et non le signe d’une contagion plus large. Cette communication a permis à l’action de rebondir de 6 %, et les valeurs bancaires ont globalement progressé.
Malgré ces rebonds, l’incertitude demeure. La saison des résultats trimestriels a débuté sur une note positive, avec de grandes banques comme Citi, Wells Fargo et American Express dépassant les attentes des analystes. BlackRock a également annoncé un record de 13 460 milliards de dollars d’actifs sous gestion, en hausse de 17 % par rapport à l’année précédente. Cependant, ces bons résultats n’ont pas suffi à dissiper les inquiétudes.
Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, a souligné les risques liés aux incidents de crédit, même s’ils restent pour l’instant limités.
« Quand vous voyez un cafard, dit-il, il y en a probablement d’autres. »
Cette métaphore illustre la prudence qui règne désormais sur les marchés, qui scrutent attentivement les signaux faibles de fragilité.
Les problèmes des banques régionales rappellent la crise de mars 2023, qui avait été déclenchée par la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) et d’autres établissements. Des questions se posent également sur les prêts hypothécaires commerciaux, dont le taux de défaut atteint 10,4 %, un niveau proche de celui observé en 2008. Un billion de dollars de prêts immobiliers commerciaux arrivent à échéance avant la fin de l’année, et leur refinancement pourrait s’avérer difficile.
L’engouement pour l’intelligence artificielle en Bourse suscite également des inquiétudes, certains analystes y voyant les prémices d’une nouvelle bulle spéculative, comparable à celle des années 1990. Gita Gopinath, ancienne numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), a mis en garde contre ce risque, soulignant la difficulté d’évaluer le prix raisonnable de l’innovation technologique.
« Les investisseurs ont de bonnes raisons de craindre que le rallye actuel ne prépare le terrain à une autre correction douloureuse. »
Malgré ces signaux d’alerte, Wall Street tient bon. L’indice S&P 500 oscille autour de ses records, et les investisseurs semblent hésiter à vendre, craignant de manquer une nouvelle hausse. La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait également jouer un rôle stabilisateur en abaissant ses taux d’intérêt à la fin du mois, ce qui soutiendrait les marchés financiers.
La situation reste fragile, et la volatilité devrait persister dans les semaines à venir. Les investisseurs sont appelés à la prudence et à surveiller attentivement les développements économiques et financiers.
À ne pas manquer
