Le secteur de l’assurance français se prépare à une transformation profonde d’ici 2026, confronté à des défis majeurs liés à l’essor de l’intelligence artificielle, aux enjeux climatiques, au vieillissement de la population et à la relance de l’investissement productif. L’Institut de recherche en assurance (IRA) souligne la nécessité pour les compagnies d’adopter une approche proactive et responsable pour rester compétitives.
Selon un rapport publié le 4 mai, l’intelligence artificielle (IA) franchira un cap décisif, passant du stade de test à une infrastructure opérationnelle à part entière. Son application se généralisera à tous les aspects de l’assurance, de l’évaluation des sinistres à la gestion de la relation client, en passant par la tarification des contrats. Cependant, cette évolution s’accompagne de risques accrus pour les consommateurs, notamment en matière d’erreurs d’interprétation, de discrimination ou de fraude. Les autorités financières se préparent donc à renforcer la réglementation pour garantir une utilisation éthique et transparente de l’IA.
« La capacité opérationnelle responsable de l’IA » deviendra un facteur de différenciation crucial pour les assureurs, bien plus que le simple fait d’adopter ou non cette technologie, explique l’IRA. Il est impératif d’aller au-delà de l’automatisation et de mettre en place une stratégie de gouvernance et de gestion des risques à l’échelle de l’entreprise, afin de renforcer la confiance des clients et d’améliorer la qualité des explications fournies.
Parallèlement, la crise climatique impose aux assureurs de prendre en compte les risques liés aux catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes et intenses. L’IRA insiste sur l’urgence de réduire l’écart en matière de couverture et de mettre en place des mécanismes de partage des risques entre les secteurs public et privé. Cela passe par le développement de la réassurance, l’introduction de titres liés à l’assurance (ILS), comme les obligations catastrophe, et l’amélioration des systèmes existants.
Le vieillissement de la population constitue un autre défi majeur. Avec la mise en œuvre de la loi sur le soutien à l’intégration des soins et le lancement de projets pilotes pour l’accompagnement des personnes atteintes de démence, le rôle des assureurs devra évoluer. Ils devront élargir leur champ d’action pour devenir des gestionnaires de risques liés à la perte d’autonomie, en prenant en compte à la fois les besoins en matière de soins et la protection du patrimoine.
Enfin, la politique financière productive du gouvernement, avec le lancement du Fonds national de croissance, offre de nouvelles opportunités aux assureurs, mais aussi de nouvelles contraintes. En tant qu’investisseurs de long terme, ils sont appelés à participer au financement des industries et des infrastructures de haute technologie. Cependant, ces investissements peuvent être risqués et nécessiter des provisions de capital importantes, ce qui pourrait peser sur leur solvabilité.
L’IRA estime qu’il est nécessaire de réformer la réglementation des capitaux pour encourager les investissements dans les secteurs productifs et revitaliser la finance productive dans le secteur de l’assurance.
À retenir
- L’IA deviendra une infrastructure opérationnelle clé pour les assureurs d’ici 2026, nécessitant une gestion responsable des risques.
- Les assureurs doivent s’adapter aux conséquences du changement climatique en améliorant la couverture des catastrophes naturelles et en partageant les risques.
- Le vieillissement de la population exige une évolution du rôle des assureurs vers une gestion globale des risques liés à la perte d’autonomie.
Contexte
Le secteur de l’assurance est confronté à une convergence de facteurs disruptifs, notamment les avancées technologiques, les enjeux environnementaux et les mutations démographiques. Ces défis nécessitent une adaptation rapide et une transformation profonde des modèles économiques et des pratiques opérationnelles.
Ce qui change
Les compagnies d’assurance devront investir massivement dans l’IA et la gestion des risques, repenser leurs offres pour répondre aux besoins d’une population vieillissante et s’engager dans une transition vers une économie bas carbone. La réglementation financière sera également renforcée pour garantir la stabilité du secteur et protéger les consommateurs.
Prochaines étapes
L’entrée en vigueur de la loi-cadre sur l’intelligence artificielle en janvier prochain marquera une étape importante dans la réglementation de cette technologie. Il faudra également suivre de près l’évolution des politiques publiques en matière de climat et de vieillissement de la population.
Chiffres clés
- Indicateur : Date de tournant institutionnel
- Valeur : 2026
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