Publié le 13 octobre 2025 à 21h32. L’attribution du contrat de reconstruction du Camp Nou à l’entreprise turque Limak est au cœur d’une controverse, révélant des irrégularités dans le processus de sélection et soulevant des questions sur la transparence de la gestion du club barcelonais.
- L’entreprise Limak, classée comme le moins-disant par les experts techniques du FC Barcelone, a remporté le contrat de reconstruction du stade.
- La direction du club a modifié les règles de sélection après avoir initialement rejeté la proposition de Limak, la déclarant « non contraignante ».
- Malgré un calendrier de construction initialement jugé irréaliste, Limak a été choisie en partie pour sa promesse de rapidité, et accumule déjà des retards importants sans subir les pénalités prévues.
Des informations exclusives révélées par la chaîne SER mettent en lumière un processus de décision opaque concernant la reconstruction du Spotify Camp Nou. Malgré une évaluation technique défavorable, l’entreprise de construction turque Limak s’est vue attribuer le contrat, suscitant des interrogations sur les critères de sélection et l’influence potentielle de facteurs externes.
Selon les sources, Limak avait obtenu la note technique la plus basse lors de la phase d’évaluation initiale. La direction du FC Barcelone a cependant annulé cette décision, considérant le rapport technique comme « non contraignant ». Le club a ensuite procédé à une révision des règles de sélection, une manœuvre qui a de facto facilité l’attribution du projet à Limak.
L’entreprise n’avait initialement pas réussi à justifier un calendrier de construction significativement plus court que celui des autres soumissionnaires. Pourtant, c’est précisément ce calendrier rapide qui a motivé son choix, une promesse que Limak peine déjà à tenir. La vice-présidente du FC Barcelone, Maria Elena Fort, avait déclaré que Limak s’exposerait à une pénalité d’un million d’euros par jour pour tout retard dans la livraison du projet. À ce rythme, Limak devrait déjà au club environ 300 millions d’euros.
Cependant, le club n’a pas appliqué ces pénalités, invoquant des « circonstances imprévisibles ». Or, le contrat stipule clairement que les retards liés à la livraison de matériel ne constituent pas un cas de force majeure, et que les prolongations ne sont autorisées qu’en cas d’événements majeurs tels que des incendies ou des tremblements de terre.
Le rapport interne avait attribué à Limak un score inférieur à 50 points sur 100, principalement en raison du manque de clarté de sa proposition et d’une demande de paiement initial d’environ 200 millions d’euros, comparativement aux offres concurrentes qui se situaient autour de 12 millions d’euros.

Des sources proches du dossier révèlent également que le projet de Limak avait été initialement rejeté par le comité d’évaluation avant d’être rétabli contre l’avis de ses membres. L’entreprise n’avait jamais été l’option privilégiée du comité. Un tournant s’est produit après qu’il ait été constaté que le président du FC Barcelone, Joan Laporta, et le président de Limak, Nihat Özdemir, avaient été vus ensemble dans les tribunes lors d’un match Galatasaray-Barcelone à Istanbul.
Par ailleurs, l’offre de Limak ne respectait pas plusieurs conditions fixées sous le mandat de Josep Maria Bartomeu. Malgré cela, l’entreprise a obtenu l’accord en garantissant une vitesse de construction record, devançant le deuxième soumissionnaire de 16 points.
Face à ces complications, le FC Barcelone a désormais fait appel à d’autres entreprises pour gérer des parties spécifiques du stade, notamment la construction des vestiaires, dans une tentative désespérée d’accélérer l’achèvement du projet.
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