Home MondeLes dirigeants de l’UE ne sont pas d’accord sur un prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine / Article

Les dirigeants de l’UE ne sont pas d’accord sur un prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine / Article

by Clara Dubois

Bruxelles, 21 mars 2024. Les négociations entre les États membres de l’Union européenne concernant un prêt garanti par les fonds russes gelés à l’Ukraine ont échoué ce jeudi, principalement en raison des réserves de la Belgique quant aux risques financiers potentiels.

  • La Belgique réclame des garanties solides de la part de ses partenaires européens pour assumer seule le risque de remboursement du prêt.
  • Le Premier ministre belge Bart De Wever met en avant le montant important des fonds russes détenus en Belgique et les potentielles réclamations de Moscou.
  • Les discussions se poursuivront en vue du prochain sommet européen en décembre, avec une condition supplémentaire concernant l’origine des armes financées par ce prêt.

L’impasse actuelle est due aux inquiétudes de la Belgique concernant les risques financiers liés à l’utilisation des avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a insisté auprès de ses homologues sur la nécessité de partager la responsabilité en cas de contestation juridique de la part de la Russie. Il a souligné que son pays, détenant la plus grande part de ces fonds, serait particulièrement exposé.

« Le risque est très, très élevé. On pourrait nous demander de rembourser des dizaines, voire des centaines de milliards d’euros. Si de telles réclamations surviennent, alors nous devrions tous en être responsables ensemble. Deuxièmement, il doit y avoir des garanties communes. S’il faut mettre de l’argent sur la table, alors chaque État membre doit payer sa part et le faire immédiatement »

Bart De Wever, Premier ministre belge

La Belgique craint que la Russie ne saisisse les tribunaux internationaux pour contester la légalité de l’utilisation de ses fonds gelés. De plus, le pays tire désormais des revenus significatifs de ces avoirs, surnommés « la poule aux œufs d’or », qui contribuent au financement de ses dépenses de défense. Un prêt à l’Ukraine réduirait donc ses marges de manœuvre budgétaires, d’autant plus que la coalition gouvernementale belge peine déjà à trouver un accord sur le budget de l’année prochaine.

Malgré ces obstacles, l’idée d’un prêt de réparation n’est pas totalement abandonnée. Les négociations se poursuivront, notamment en vue du prochain sommet européen en décembre. Une condition supplémentaire a été évoquée : si l’Ukraine utilise ces fonds pour acquérir des armes, celles-ci devraient provenir en priorité de fabricants européens, une exigence particulièrement importante pour la France, qui dispose d’une industrie militaire de premier plan.

Parallèlement à ces discussions sur le financement de l’Ukraine, les dirigeants européens ont également abordé les enjeux liés à la transition climatique. La Première ministre lettone, Evika Siliņa, a reconnu les difficultés que son pays rencontrerait pour atteindre les objectifs de réduction des émissions, compte tenu du contexte géopolitique actuel et de ses conséquences économiques.

« Parce que lorsque les objectifs climatiques ont été fixés, ce n’était pas la guerre en Ukraine. Je pense que la guerre en Ukraine, les sanctions, tout ce qui se passe géopolitiquement, ont beaucoup à voir avec les résultats financiers. Nous devons être prêts à traiter ces problèmes tels qu’ils sont aujourd’hui, et non dans la perspective d’hier. réfléchir à combien cela coûte réellement »

Evika Siliņa, Première ministre lettone

Les discussions sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici 2040 (par rapport aux niveaux de 1990) se poursuivront lors de réunions ultérieures des ministres de l’Environnement et du Climat.

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